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Message non luPosté: 29 Mar 2008 16:51 

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Transidentité en Thaïlande
" Ces Messieurs sont des Femmes comme les autres ! "

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" Ces Messieurs sont des Femmes comme les autres ! "

« En Thaïlande nous avons un proverbe qui dit : lorsque tu rencontres une très belle femme, méfie-toi, c'est sans doute un homme. » Dans le studio radio d'une tour moderne de Bangkok, Helen ponctue sa citation d'un sourire enjôleur. Cheveux longs lâchés sur les épaules, petite robe noire ajustée, Helen est une star en Thaïlande. Ecrivaine, productrice, directrice de casting, amie des personnalités en vue, elle se distingue cependant des autres vedettes féminines par... son sexe d'homme. Helen une transsexuelle, une lady boy, comme on dit là-bas. Mi homme, mi femme. Helen ne s'en cache pas. Au contraire, elle revendique âprement son identité sexuelle et ses fans ne s'en offusquent pas le moins du monde. Une star « trans », et alors ?

Si, dans la plupart des pays du monde, les transsexuels souffrent d'exclusion et de discriminations, en Thaïlande, ils jouissent d'un statut privilégié. Nombreux et très visibles - ils seraient près de 150000 pour 63 millions d'habitants -, ils sont relativement bien acceptés par la société. Médecins, coiffeurs, chauffeurs de taxi, acteurs, agents commerciaux, directeurs de marketing, les lady boys s'intègrent comme de vraies femmes. On les voit à la télévision dans les séries populaires, on les entend à la radio, on les croise sur les bancs de l'université, ils sont partout. Ils portent des prénoms féminins. Les Thaïlandais ont inventé un mot pour les désigner: katoey.

« Dans notre culture, il n'est pas tabou de suivre ses inclinations. Chacun est libre, dit Jacqueline, 29 ans, une amie d'Helen. Si je me sens femme, pourquoi m'habiller comme un homme ? » Comme la majorité des katoeys, cette célèbre journaliste et présentatrice télé a le sentiment « d'être une femme emprisonnée dans un corps masculin » depuis l'enfance. « Quand j'étais petite, j'habitais à la campagne avec mes parents, dit-elle. J'allais dans une école de garçons. J'étais obligée de porter un uniforme de garçon. Puis je suis entrée en fac de communication à Bangkok où j'avais beaucoup d'amis homosexuels et lady boys. Ils avaient du style : J'ai voulu leur ressembler. Je me suis laissé pousser les cheveux. J'ai pris confiance en moi... » Cette année-là, la future présentatrice télé se fait augmenter la poitrine. Puis, ultime métamorphose, elle change de sexe. « Le fait que des gens comme Helen et moi soient célèbres prouve que l'on peut être lady boy et réussir professionnellement, dit-elle. Nous sommes des modèles. »

Avec son brushing impeccable, sa silhouette longiligne, et sa voix douce, Jacqueline suscite le trouble. Difficile d'imaginer, en l'observant, qu'elle est née homme. C'est une caractéristique des katoeys : leur transformation est si spectaculaire qu'il est souvent impossible de deviner leur sexe de naissance. En fait, les lady boys sont à la fois visibles et invisibles : socialement intégrées, mais peu identifiables. Certaines comptent d'ailleurs parmi les plus belles femmes du pays. « On est peut-être des femmes d'un second type, mais on a les plus jolies miss ! », revendiquent elles. Miss Tiphany, leur reine de beauté, fit en effet davantage de couvertures de magazines que la Miss Thaïlande officielle ! La dernière élue s'appelle Nong Film, 19 ans. Des cheveux longs, une poitrine généreuse, des doigts de fée... c'est un canon ! Il y a deux ans encore, cette princesse ressemblait pourtant à un garçon. « Je Portais une coupe de cheveux et une tenue de garçon, raconte-t-elle. Je faisais des concours de beauté en cachette de mes parents qui n'acceptaient pas mon identité. L’an dernier j'ai été repérée par un agent. J'ai gagné le plus grand concours de Thaïlande, et j'ai pu devenir ce que je suis vraiment. » Nong Film se sent mieux comprise par ses parents et son village. Mais quand elle leur rend visite, elle met toujours des habits de garçon ! La nouvelle Miss Tiphany étudie aujourd'hui le commerce international à l'université de Pattaya. « J'intéresse beaucoup de garçons à la fac, dit-elle. Mais ce n'est pas toujours facile, pour nous, d'avoir un petit ami. Même si on plaît à certains hommes, on doit apprendre à contrôler nos émotions. On est en concurrence avec les ''vraies'' femmes et le jour où ils découvrent que l'on a un sexe d'homme... »

Les lady boys prennent généralement conscience de leur identité sexuelle assez jeunes. « Mais on n'a pas tous la possibilité de faire notre coming out, déclare Bhapawee, 32 ans, médecin dans un hôpital public. Personnellement, mes parents n'auraient jamais toléré que je me transforme à la maison. Je suis donc devenue une femme très tard, à 25 ans, une fois mes études terminées. J'ai subi une opération du sexe, je suis rentrée chez moi et j'ai dit à ma mère et à mon frère : voilà, maintenant, je suis une femme ! » A l'époque, Bhapawee est déjà salariée à l'hôpital. « Mes collègues ont été un peu choqués, mais ils ne m'ont pas fait de réflexion, dit-elle. Je suis là pour soigner les autres. Le reste, ça me regarde ! » Cette katoey, qui a un petit ami, voudrait avoir des enfants : « Je crois que je vais payer une femme pour qu'elle soit fécondée par le sperme de mon ami », confie-t-elle.

Pour devenir des femmes, les katoeys prennent des hormones. Elles commencent généralement dès l'adolescence. Elles sont aussi de plus en plus nombreuses à changer de sexe. A Bangkok, les cliniques privées se multiplient. « Près de 10 % des lady boys se font opérer », explique le docteur Greechart Porsinsirirak chirurgien à l'hôpital Yanhee, l'un des plus réputés de Bangkok. Le coût de l'intervention est d'environ 7000 Euros pour une ablation du pénis et la reconstruction d'un vagin. Le prix à payer pour être une « vraie femme ». « Les patients ont en moyenne entre 30 et 40 ans. Mais ils sont de plus en plus jeunes, poursuit le médecin, qui a récemment opéré un katoey de 16 ans. Le risque, à cet âge-là, est de se tromper : une opération du sexe est quelque chose d'irréversible ! Nous exigeons donc une autorisation parentale et un certificat délivré par un psychologue. Malheureusement, certains pays délivrent ces documents après seulement une ou deux séances. »

Le transsexualisme est un phénomène que l'on retrouve dans toutes les sociétés, indifféremment des questions de race ou de religion. Selon des études scientifiques, un homme sur 2000 à 3000 voudrait devenir une femme, et une femme sur 10000 voudrait devenir un homme. Simplement, certaines sociétés sont plus tolérantes que d'autres. Pourquoi ce « troisième sexe » peut-il s'affirmer librement et s'épanouir en Thaïlande, depuis des générations ? Cette question passionne les universitaires Thaïlandais. « Evidemment, il n'y a pas une réponse unique, explique Prempreeda Pramoj, jeune maître de conférence à l'université de Bangkok, spécialiste des questions de genre, elle-même lady boy. Il y a d'abord un facteur religieux important, Le bouddhisme est très tolérant sur les questions de sexualité. Dans le livre sacré, il est question, à plusieurs reprises, des genres masculin et féminin et d'un troisième genre hybride. Ensuite, les Thaïs sont un peuple ouvert et tolérant. Chez nous, on laisse les enfants s'épanouir, sans brider leurs penchants. » Autre élément d'explication : la Thaïlande est une société matriarcale. Les hommes y ont un rôle plus passif que dans les cultures machistes. Même l'idéal de beauté masculin, dans la littérature ou les arts thaïs a des traits féminins.
« C'est pourquoi les femmes qui changent de sexe pour devenir des hommes sont moins bien acceptées que les lady boys » ajoute la jeune universitaire. Cependant, la tolérance religieuse et culturelle des Thaïs n'explique pas tout. Il a fallu, aussi, le combat d'activistes pour que les transsexuels acquièrent une véritable reconnaissance sociale. Un combat dans lequel les transsexuels ont marqué des points, ces dix dernières années, mais qui n'est pas encore complètement gagné.

« Nombre d'employeurs continuent de nous rejeter. Beaucoup de transsexuels sont encore condamnés à la prostitution », explique Crystal, directrice de produit pour l'entreprise française L'Occitane. Crystal est la militante la plus célèbre de la cause des lady boys. Le 22 juin 2007, cette jolie brune de 26 ans est mise à la porte du Novotel de Bangkok. « Le réceptionniste m'a dit que l'établissement n'acceptait pas les transsexuels, que c'était la loi » raconte-t-elle. Soutenue par la Rainbow association, une organisation de soutien aux homos et aux transsexuels, Crystal intente une action en justice et obtient les excuses publiques de la direction du Novotel. Deux mois plus tard, la Thaïlande ajoute à sa constitution un nouvel amendement qui reconnaît, pour la première fois de son histoire, l'égalité des droits aux homos et aux trans. Une victoire suivie d'un revers, quelques semaines plus tard, lorsque l'Assemblée nationale rejette un projet de loi autorisant une modification du statut sexuel des trans. « Sur notre carte d'identité, on s'appelle toujours ''Monsieur'' regrette Crystal. C'est un vrai problème pour voyager ou chercher un emploi. » Mais la jeune femme ne baisse pas les bras : « C'est possible au Japon, en Corée, en Indonésie, en Nouvelle-zélande, en Australie... Nous, nous avons les transsexuels les plus beaux du monde, et pourtant, nous ne pouvons pas changer de titre, s'exclame-t-elle. Il faut arrêter de penser que les trans sont condamnés à des métiers comme coiffeuse ou esthéticienne.
Nous sommes des femmes comme les autres ! »
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Ce document a été proposé par : Estelle la varoise et Amélia


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Message non luPosté: 26 Juin 2008 10:31 

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Transidentité en Thaïlande
" Thaïlande, paradis des trans - Au pays des hommes-femmes "

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" Thaïlande, paradis des trans - Au pays des hommes-femmes "

Ils ont choisi de changer de sexe, parfois dès l'adolescence. Elles sont médecins, attachées de presse, journalistes, directrices commerciales, actrices, danseuses... A Bangkok, les «ladies boys» sont étonnament intégrées dans la société

De notre envoyée spéciale à Bangkok,

Elle croise les jambes. Les décroise délicatement. Touche ses longs cheveux noirs. Parle d'une voix suave, sensuelle. Directrice commerciale, Crystal, 26 ans, travaille dans une grande tour de verre située au centre de Bangkok. Cette Thaïlandaise avenante est une manager pointilleuse, une salariée modèle appréciée par ses collègues. Mais aussi une femme un peu spéciale. Crystal a un sexe d'homme. Elle est si féminine, si gracieuse qu'il est difficile de le croire. Même sa chef de bureau, qui la côtoie tous les jours, a mis un an à le découvrir. Ici, on appelle les filles comme elle les «ladies boys» ou les «katoeys». On en compte près de 150 000 pour 63 millions d'habitants. Ces transgenres passent inaperçus. Elles sont intégrées comme dans aucun autre pays au monde. La Thaïlande ou «le paradis des trans».
Crystal a grandi dans cet éden. Elevée avec des filles, ses cousines, elle s'est toujours «sentie femme». Mais elle ne se transforme qu'à l'université, une fois libérée de la pression familiale. Crystal se laisse alors pousser les cheveux. Elle met des jupes et des talons. Prend des hormones pour avoir de la poitrine et une voix plus douce. «Je suis devenue ce que j'étais vraiment», dit-elle. A la fac, ses profs ne disent rien, pas une réflexion désobligeante. Ils ont l'habitude. Dans les amphis, les ladies boys sont nombreuses. Mais les parents de Crystal - lui médecin, elle prof - sont très choqués. «Ils ont fini par me comprendre, assure Crystal. Ils ont vu que cela ne m'empêchait pas défaire une belle carrière. Aujourd'hui, nous avons de bonnes relations. J'ai la chance de vivre dans une société ouverte, très tolérante sur les questions de sexualité.» Comme elle, en effet, les katoeys sont généralement très bien insérées dans la société. Elles sont profs, médecins, attachées de presse, danseuses, coiffeuses... Elles exercent à la télévision, à la radio, au cinéma, partout. Certaines sont des stars. Comme Kru Lili, une professeur de thaïlandais très charismatique. Ou encore Helen, une productrice, directrice de casting et écrivain à scandale. Une brune, aussi délurée qu'élégante.

Autre lady boy célèbre : Jacqueline, journaliste de 29 ans, présentatrice de shows, une femme avec des jambes de trois kilomètres, une taille de guêpe... Et puis il y a Toom, le champion de boxe, le héros des ladies boys : son histoire les fait rêver. Celle d'un petit garçon pauvre, fils de paysans de Chiang Mai, une province du Nord, qui devient à 16 ans la terreur du Lumpini Stadium de Bangkok, le ring de boxe thaïe le plus couru de Bangkok. Le cogneur au coeur tendre transgresse tous les codes. Avec l'accord de son entraîneur, il se maquille dans les vestiaires avant les combats. Le public est bouche bée. Toom, le boxeur au rouge à lèvres... Et au sexe de femme. Le petit champion s'est fait opérer à 17 ans. Une décennie plus tard, Toom se sent «femme à 100%, mais cela dépend du regard des autres». Elle entraîne aujourd'hui de jeunes boxeurs. Mais ne combat plus guère, à cause des hormones, qui l'ont affaiblie physiquement. Elle vit entre Bangkok et Chiang Mai avec sa fille - en réalité l'enfant de sa soeur. Dans le pays, tout le monde la connaît. Son itinéraire atypique a inspire un beau film, «Beautiful Boxer», réalisé par le Thaïlandais Ekachai Uekrongtham, primé au Festival de Berlin en 2004. «D'un point de vue occidental, l'histoire de Toom est incroyable, observe Philip Cornwel-Smith, un écrivain anglais installé à Bangkok depuis quinze ans (1). Mais les Thaïlandais voient la transsexualité différemment. Elle est moins taboue qu'en Europe. Ici, les relations entre les hommes et les femmes ont toujours été compliquées. Comme les femmes sont difficiles à séduire, les hommes se sont traditionnellement tournés vers d'autres hommes. Les katoeys jouent un rôle de gobetween entre les sexes.» bst-ce la raison de la visibilité des ladies boys ? La clé explicative de ce «paradis» ? Crystal, elle, évoque un autre facteur. Ici, dit-elle, les hommes ont un physique naturellement délicat, des os fins, une faible pilosité... Ils sont d'ailleurs souvent représentés sous des traits féminins dans la littérature et les arts. «En Thaïlande, la beauté est féminine, affirme -t-elle. Il est beaucoup plus facile qu'ailleurs pour les hommes de se transformer.» «Il n'y a pas un facteur unique, ajoute Prempeeda Pramoj, une jeune maître de conférences, spécialiste des questions du genre, elle-même lady boy. Linfluence religieuse joue aussi un rôle important. Le bouddhisme est très tolérant sur les questions de sexualité.» En Thaïlande, les parents laissent donc souvent leurs enfants suivre leurs inclinations. Ils ne s'opposent pas à ce que les garçons qui «se sentent femme» prennent des hormones, souvent dès l'adolescence, pour transformer leur corps. Aujourd'hui, les jeunes ladies boys, élevées plus librement encore que leurs aînées, en prennent dès 12 ou 13 ans. Celles qui en ont les moyens changent ensuite de sexe. Depuis quelques années, les centres de chirurgie se multiplient.

Le Yanhee International Hospital est l' un des plus réputés. Il est situé dans un quartier résidentiel, à l'écart des temples touristiques. Au 5e étage, le département de «chirurgie sexuelle» ressemble à un grand appartement de série porno chic. Des infirmières en minijupe blanche passent et repassent en faisant claquer leurs petits talons. Sur les murs, des photos de ladies boys vantent les succès des opérations. Le docteur Greechart Pornsinsirirak, un petit moustachu, est l'un des quatre chirurgiens à pratiquer les «changements de sexe». Prix à payer : entre 6 500 et 7 500 euros. «Je fais aussi la poitrine, les sourcils, la voix...», annonce fièrement le médecin en montrant des images de trans opérés. Ses patients sont âgés de 16 à 65 ans. «Des adolescents de plus en plus jeunes viennent me voir. Moi, je refuse de les opérer, explique-t-il. Il faut être un peu mature pour prendre ces décisions. Mais d'autres hôpitaux n'ont pas ces hésitations. La chirurgie est devenue un vrai business.» Au paradis des trans, les ladies boys de 12 ans avec de faux seins sont de moins en moins rares...

Dans la rue, il est presque impossible d'identifier ces représentantes du troisième sexe, parfois plus belles que certaines femmes. Nong Film, la Miss lady boy 2007, une petite princesse de 17 ans, est un canon de beauté. Amp, une célèbre actrice de série télé, a des airs de Sophie Marceau... Plus d'un touriste s'est fait berner par ces copies plus que parfaites. Sur les forums de voyage, certains livrent leurs déconvenues. Et invitent à ne pas oublier ce proverbe thaï' : «Lorsque tu rencontres une belle femme, méfie-toi, c'est certainement un homme.» Crystal, elle, ne ment jamais sur son identité sexuelle. Elle drague les hommes en annonçant la couleur. Mais elle évite de tomber trop vite amoureuse. Elle sait qu'elle est «en concurrence avec des vraies femmes». Actuellement, elle est célibataire : l'amour n'est pas sa priorité du moment. La jeune directrice commerciale est débordée, elle n a pas le temps de penser a elle. Lorsqu'elle ne travaille pas à L'Occitane, elle anime une réunion de la Rainbow Association, une organisation de défense des homosexuels et des trans, ou bien rencontre des membres du gouvernement. Crystal est une militante, une porte-parole des trans, aujourd'hui très célèbre dans le pays. Son plus grand fait d'armes ? Son attaque lancée en juin 2007 contre le groupe Novotel. Motif : «On m'a refusé l'entrée de la boîte de nuit de l'hôtel de Bangkok, explique Crystal. Le réceptionniste m'a dit que mon physique ne correspondait pas au sexe de ma carte d'identité. C'est de la discrimination !» Face à une fronde médiatique, la chaîne d'hôtels a fini par présenter des excuses publiques à Crystal. L'incident a eu des effets spectaculaires : deux mois plus tard, la Thaïlande a changé sa Constitution. Depuis, le pays reconnaît, pour la première fois de son histoire, l'égalité des droits aux homos et aux trans. Crystal jubile. Elle jure de poursuivre le combat. Et la route vers l'égalité est encore longue. «Aujourd'hui, les ladies boys n'ont pas le droit de changer de titre, se révolte -t-elle. Sur nos papiers d'identité, on s'appelle officiellement monsieur. C'est un vrai problème pour voyager. On ne peut pas passer les contrôles de police ni devenir hôtesses de l'air... Pourtant ce droit existe au Japon, en Corée, en Indonésie, en Australie, en Nouvelle-Zélande...» Autre problème rencontré par les ladies boys : dans les campagnes, plus conservatrices que les grandes villes, certaines sont rejetées par leurs proches. Ces parias quittent donc très jeunes le foyer familial. Direction Pattaya, à deux heures de Bangkok, le repaire des trans, mais aussi des prostituées de tout genre. «Aujourd'hui, conclut Crystal, la face cachée de notre paradis, c'est ça : le grand marché du tourisme sexuel.»
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Ce document a été proposé par : Abigael


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