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Message non luPosté: 08 Juil 2008, 16:30 
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Chaque matin, je me réveille, j’allume la lumière et je prends une douche. Passionnant me direz vous. Peut-être plus que vous ne le croyez… D’abord, pourquoi me réveiller, même si on est dimanche et que j’aurai bien aimé faire la grasse matinée? Tout simplement parce qu’une tout petite structure de la taille d’une pointe de crayon situé au croisement des nerfs optique constitue mon horloge biologique, et que c’est elle qui déclenche l’activité de l’un des trois type de neurones, qui vont dire à mon cerveau : « debout la dedans ! »…
A quoi pense t-on quand on appui sur un interrupteur et que la lumière jaillit ? Qu’il faut préparer le café et qu’une nouvelle journée commence… On pense à tout ce que l’on veut mais jamais, au grand jamais, que le flux d’électrons que l’on vient de libérer va faire chauffer le filament de l’ampoule qui va se mettre à émettre une lumière se comportant aussi bien comme une onde que comme un flux de particule appelés photons. Et pourtant, cette dualité, appelée en physique quantique dualité ondes-corpuscules, reste un grand mystère de la science…
Et l’eau de la douche… Mis à part le fait qu’elle soit trop chaude ou trop froide elle ne nous inspire pas grand-chose. Et pourtant, sans ce composé chimique d’une extrême simplicité nous ne serions tout simplement pas là. Sans eau, pas de vie…
La, je vous voit froncer les sourcils : « mais où veut-elle en venir ? ». Pour le savoir je vous propose un petit voyage dans le passé. Un petit voyage de 13,7 milliards d'années pour être exacte, (l’avantage de l’écriture c’est que les effets spéciaux coûtent beaucoup moins cher qu’au cinéma).
Nous sommes au temps 10-43 secondes, autrement dit au commencement de la « vie « de l’univers. La température est tellement élevée que la matière est décomposée en des multitudes de « briques élémentaire » appelées quarks. C'est le début du Big-bang. L'univers poursuit son expansion et les quarks commencent à se refroidir. Cela entraîne la phase de fabrication de matière et d'antimatière. Normalement, la matière et l’antimatière ne se supportent pas, ça fait un énorme boum! Et c’est d’ailleurs très exactement ce qui s’est passé c’est même pour cela qu’on a appelé cette explosion le « Big-bang ». Seulement voila, il existe une loi physique, appelée « loi de la symétrie CP ». Selon cette loi les quantités de matière et d’antimatière qui se sont formé à partir des quark étant strictement égales, il n’aurait rien du rester de l’explosion de cet énorme pétard céleste.
Rien, sauf que pour un milliard de particules d’antimatière, il y a un milliard et une particules de matière ce qui constitue une violation inexplicable de cette loi de la symétrie CP. Cet univers gigantesque dans lequel nous nous trouvons ne représente en fait qu’un milliardième de sa masse initiale.
Bon d’accord me direz vous, y’a un petit truc bizarre au départ, mais maintenant, c’est bon, on l’a notre univers et ça roule…
Je ne voudrai pas jouer les empêcheuses de penser en rond, mais non, ça ne roule pas encore. Pour qu’il y ait de la vie, il faut impérativement du carbone. Et l’univers s’est refroidi vite, très vite, trop vite pour que le carbone ait eu le temps de se former. On a donc un univers avec plein d’énergie et de matière, mais pas de vie possible. Enervant non ? Là il va falloir être patient, très patient. Petit à petit, des nuages de gaz composés essentiellement d’hydrogène et d’hélium vont « s’effondrer » sur eux-mêmes sous l’effet de la gravitation. Plus la densité de ces gaz va grandir sous l’effet de leur propre masse, plus la température va augmenter. Elle va même tellement augmenter que cela va entraîner la fusion de l’hydrogène, cette fusion va fournir l’énergie qui va non seulement arrêter l’effondrement de l’étoile mais aussi générer de la lumière et de la chaleur, source de toute vie. Et notre carbone dans tout ça, qu’est-ce qu’il fiche. Et bien, les conditions de température nécessaires à sa formation étant enfin atteintes, il se forme au cœur de l’étoile. Autrement dit, bien avant que la terre ne tourne autour du soleil, (et ça ne date pas d’hier), il y avait déjà deux excellentes raisons pour que la vie ne voit jamais le jour…

Un peu d’eau de vie ?
Bon, ce coup-ci, c’est bon, on a les étoiles, les planètes, les gaz vitaux, du carbone. On l’a la vie sur notre petite planète. Je sais que vais encore faire figure d’enquiquineuse, mais un peu de patience. Normalement, pour qu’il y ait de la vie, on a besoin d’azote, de carbone et d’oxygène. Là, il y a juste un tout petit problème. Nous somme sur terre, il y a quatre milliards d’années, et il n’y a presque pas d’oxygène. Nous sommes dans une atmosphère composée principalement de gaz carbonique, de méthane gazeux, d’ammoniac et de vapeur d’eau. Pas l’idéal pour sortir faire ses courses… Le manque d’oxygène ne permettant pas la formation d’une couche d’ozone, seule protection contre les U.V, les composés primitifs qui existent alors sur notre planète sont soumis à un très fort rayonnement ultraviolet. C’est ce rayonnement ainsi que l’électricité dégagés par des énormes orages qui auraient favorisé la formation des premiers composés organiques. Autrement dit, c’est l’absence d’un composant, l’oxygène, indispensable à la vie qui a favorisé l’apparition de celle-ci !
Bon, ce coup-çi on l’a notre vie. C’est bon. Regardez vous donc dans une glace. Entre un stromatolite et vous, vous ne pensez pas qu’il y a comme une petite différence ? Il faut dire que les stromatolites sont des colonies bactériennes qui fixent le carbonate dissous dans l'eau de mer et produisent de l'oxygène, sans doute la première forme de vie apparue y à 3,5 milliard d’années.
Comment a-t-on pu arriver à partir d’une simple bactérie à la charmante personne qui se tient devant le miroir ?
Il faut se rendre à l’évidence, la vie évolue. Difficile de parler d’évolution sans évoquer Darwin. Ce dernier découvre l'idée d'évolution, (par transformation graduelle), et propose pour la première fois le mécanisme de la sélection naturelle. Autrement dit, seuls les individus les plus forts d’une espèce survivent et transmettent leurs caractéristiques à leurs descendants.
Cette théorie, eu le mérite de replacer l’homme comme un simple maillon de la chaîne de la vie, et suscita les mêmes polémiques que celle déclenchées par un de ses célèbre précurseur : Galilée. Après avoir été chassé du centre de l’univers, l’homme n’était plus à l’image de son créateur mais le maillon final d’une évolution logique.
Actuellement la théorie synthétique de l’évolution, (aussi appelée néo-darwinisme), reprend la théorie de Darwin en y intégrant les découvertes de Mendel sur l’hérédité, (et donc la transmission des caractères d’une espèce par la transmission des gènes), ainsi que la génétique des populations. Cette théorie a la faveur de la plupart des biologistes.
Pour ma part je vous propose une petite variante de l'approche cybernétique : la théorie synthétique de l’évolution. Elle affirme que les possibilités d’évolution d’un système sont inversement proportionnelles au nombre de restrictions auquel il est soumis.

Albert Einstein à dit que dieu ne jouait pas aux dés, c’est vrai, il lui préfère le billard !
Ca vous semble compliqué ? Alors je vous propose une petite partie de billard. Imaginons une table de billard américain. Plus un système vivant est complexe, plus il y a de boules sur la table. Au fur à mesure que la complexité de ce système augmente le nombre de possibilités d’évolution qui s’offrent à lui augmente également. Ces possibilités d’évolution sont représentées par les « poches » sur la table de billard, (ce sont les trous qui permettent aux boules de tomber hors de la table). Plus il y a de restrictions, (donc de contraintes), à l’évolution du système, moins il y a de solutions donc de « poches ». Au début du jeu, nous avons un système vivant très simple, (une bactérie par exemple), donc, une seule boule sur la table. Ce système est soumis à un très grand nombre de contraintes, par conséquent, il n’y a qu’une poche. Il n’existe qu’une seule trajectoire, donc une seule possibilité d’évolution, pour que la boule tombe dans la poche et puisse continuer à survivre. Le système ayant évolué et étant devenu plus complexe, il n’y a plus une, mais deux boules sur la table. Et comme il est plus complexe, le nombre de possibilités de solutions augmente, il y a donc aussi deux poches. Le nombre de trajectoires, donc de possibilités qu’a le système vivant d’évoluer pour survivre augmente très fortement puisque l’on peut envoyer non seulement l’un ou l’autre des boule dans l’une ou l’autre des poche mais aussi parce que l’on peux « taper » une boule avec l’autre pour l’envoyer dans le trou. Autrement dit le nombre de possibilités d’évolution s’accroît de façon exponentielle par rapport à l’accroissement de la complexité du système.
C’est là où ça devient intéressant. Jusqu'à un certain de nombre de boules sur la table, les recherches de solutions, (donc d’évolutions), sont toujours le fruit de la nécessité de la survie
Lorsque le système arrive à un certain niveau de complexité et que le nombre de boules a donc considérablement augmenté, il se passe la chose suivante : vu le nombre élevé de boules et de « poches », donc de possibilités de solution, les trajectoires deviennent trop complexes pour être totalement prévisibles. Le fait d’envoyer une boule dans un trou peut en envoyer également d’autres dans d’autres trous sans que cela ai été voulu Au delà d’un certain seuil de complexité l’évolution d’un système vivant peut entraîner l’apparition de solutions non prévisibles et non définies par la nécessité initiale de survie de ce système. Certaines évolutions ne sont plus le fruit de la nécessité mais le résultat d’un « chaos déterminé». Autrement dit ce sont les conséquences logiques mais non recherchées d’une évolution. Il s’agit de chaos et non de hasard. Le chaos est un comportement aléatoire se produisant dans un système déterministe comme notre table de billard. Il s’agit d’un déterminisme complexe"avec des "marges de manœuvre" qui déterminent un horizon de prévisibilité. On parle alors de "causalité complexe". . Ainsi chez les mammifères, des évolutions complexes ont entraîné l’apparition de solutions qui le sont plus encore. Par exemple, la girafe ne devrait pas exister. En effet, la longueur de son cou est telle qu’il lui faudrait un cœur démesuré pour envoyer le sang au cerveau. Mais comme les vaisseaux sanguins de l’animal sont munis de clapets anti-retour qui empêchent le sang de refluer, ça fonctionne quand même…Cela montre que l’évolution des espèces, loin d’être linéaire emprunte parfois des chemins aussi complexes que les trajectoires de nos boules de billard.

La détermination du sexe.
Le sexe génétique
Avec l’apparition de la vie, la nature, adopta le système de reproduction le plus simple et le plus efficace. Chaque individu se reproduisait de façon asexuée. L’avantage, un processus rapide permettant la production d'un grand nombre de descendants et une vitesse de prolifération élevée. Au risque de vous décevoir, la reproduction sexuée n’est pas apparue pour notre plaisir. Rappelons nous qu’à l’époque, les rayonnements ultraviolets qui atteignaient la terre étaient d’une très forte intensité et entraînaient de fréquentes altérations de l’ADN. Dans le cas d’une reproduction asexuée, ces altérations ont un caractère irréversible appelé « cliquet de Müller » et se transmettent de générations en générations. La reproduction sexuée apparaît donc comme un forme de protection permettant de préserver les caractéristiques initiales de l’espèce puisqu’elle autorise, dans une certaine mesure, la « réparation » des altérations génétiques, tout en lui permettant de continuer à s’adapter. Chez les mammifères, la définition du sexe s’opère au niveau des chromosomes. Les femelles ont deux chromosomes semblables (XX) alors que les males ont un chromosome X et un autre de type Y. Ce dernier est porteur d’un gène appelé SRY, (Sex Region of Y). Jusqu’au 11 ème jour du développement de l’embryon, les gonades, (ce sont les cellules qui vont former les glandes sexuelles, autrement dit les ovaires ou les testicules), sont indifférenciées. Le gène SRY va alors produire une protéine spécifique, et c’est cette protéine qui va provoquer le développement de la gonade en testicule. C'est à ce moment et à ce moment seulement que se définit le sexe de l’embryon. En absence de la protéine SRY (chez les individus XX), les gonades primordiales se différencient en ovaires. En l’absence d’un élément déclencheur, (le gène SRY), le sexe féminin est donc le sexe par défaut. Jusqu’ici tout va bien. Sauf que parfois les choses se compliquent. Le fait d’avoir un chromosome XY n’implique pas systématiquement un sexe masculin des altérations génétiques pouvant entraîner des phénotypes féminins. Par exemple le bras court du chromosome 9 comporte un gène appelé du joli nom de « DMRT1 ». Si ce gène est délété, autrement dit si son matériel génétique est incomplet, la personne, bien qu’étant génétiquement de sexe masculin, aura un sexe phénotypique féminin.

Le sexe phénotypique
Les chromosomes ne sont pas le seul facteur de la détermination du sexe, les hormones jouent un rôle primordial. Le sexe phénotypique est le sexe déterminé par les hormones. Dans la plupart des cas, le sexe génétique et le sexe « hormonal » sont en accord, mais ce n’est pas toujours le cas, et dans cette situation, comme nous allons le voir, il arrive que ce soit les hormones qui prennent le dessus.
Une hormone est un « messager chimique » produit par des glandes spécifiques, (les glandes endocrines). Les hormones sexuelles, (qui font partie de la catégorie des hormones stéroïdes), sont diffusées dans le sang et viennent se fixer à un récepteur situé dans la cellule. Chaque type de cellule contient un récepteur spécifique à une hormone, un peu comme une clé et une serrure. L’hormone pénètre dans la cellule, le récepteur l’achemine dans le noyau où elle va influer sur l’ADN de la cellule et donc sur le comportement de cette dernière.

Histoire d’un garçon manqué…
Pour faire un garçon, ce n’est pas finalement si compliqué… On a un chromosome masculin dont le gène, masculin lui aussi, va générer une protéine qui va déclencher le développement de testicules donc la production de testostérone. C’est cette hormone qui va être la cause du développement des caractères sexuels masculins... Un gène, c’est une séquence d’ADN qui va dire à la cellule ce qu’elle doit faire. En gros, les gènes contiennent en quelque sorte le « plan de construction » de l’être humain. Cela va du groupe sanguin à la couleur des yeux. Quand une cellule se reproduit, son ADN se « divise » et se recopie. Et parfois la photocopie n’est pas parfaite. Donc les gènes qui sont une séquence d’ADN vont subir une mutation. Cette mutation est généralement neutre et n’a pas d’effet. Les mutations qui sont le moins favorables à la survie de l'individu qui les porte, sont éliminées par le jeu de la sélection naturelle, alors que les mutations avantageuses tendent à s'accumuler. C’est de cette façon que l’espèce évolue. Mais comme nous l’avons vu avec notre table de billard, certaines évolutions peuvent réserver des surprises... La testostérone est plus particulièrement destiné à ce que l’on appel des « cellules cible », celles qui forment les organes génitaux par exemple. Lorsqu’elle arrive dans ce type de cellule, la testostérone se combine avec une enzyme, la 5-a réductase et devient de déhydrotestostérone (DHT). Cette DHT est transportée dans le noyau de la cellule par un récepteur cellulaire. Le couple récepteur-androgène vient se lier à l'ADN. Le message induit aboutit à l'activation de gènes spécifiques. La DHT a une affinité neuf fois supérieure à celle de la testostérone pour le récepteur des androgènes. Elle est déterminante dans le développement des caractères sexuels. L’enzyme 5-a reductase est produite par un gène répondant au doux nom de SRD5A2. Il existe plus de 40 types de mutations inactivatrices de ce gène qui altèrent plus ou moins fortement le fonctionnement de l’enzyme 5-a reductase. Dans les cas extrêmes, la testostérone ne peut plus se transformer en DHT, et, même si l’embryon est génétiquement de sexe masculin, on obtiendra à l’arrivée une charmante jeune fille…Il s’agit là d’un cas dit de « pseudo-hermaphrodisme ».
Il ne s’agit pas d’un cas de dysphorie de genre, mais cela montre que parfois, en cas de conflit entre le sexe génétique et le sexe hormonal, ce dernier peut prendre le dessus. Prenons donc un peu d’altitude et voyons ce qui se passe entre nos deux oreilles…

Un pour le prix de deux.
Les neurones « commandent » la fabrication de certaines hormones par l’intermédiaire de l’hypophyse. Le cerveau est protégé des influences externes par la barrière hémato-encéphalique... Mais les hormones de type stéroïdes comme les œstrogène ou la testostérone peuvent traverser cette barrière et influer sur le comportement des neurones. C’est un système rétro contrôlé, appelé aussi système homéostatique. Par exemple, c’est une hormone secrétée par l’hypophyse, la LH qui stimule la production de testostérone. Quand le taux de testostérone dépasse un certain seuil, l’hypothalamus génère une hormone, la GnRH qui réduit la production de LH et donc induit la réduction du taux de testostérone. Pour comprendre l’influence considérable des hormones sur le comportement du cerveau, il faut considérer que les neurones ne disposent pas d’un mais de deux modes de communication. Il y a tout d’abord ce que l’on appelle le cerveau « câblé ». Les neurones communiquent les un avec les autre par des synapses, (environ 50.000 par neurone), qui acheminent les substances biochimiques libérées par les neurones, on appel ces substances des neurotransmetteurs. Chaque neurone du cerveau n'est qu'à quelques synapses de ses proches voisins. Ce circuit d'à peine quelques synapses est très court, d'où sa grande rapidité d'action mais l’étendue du champ de communication du neurone reste localisée. Il existe un autre type de communication entre les neurones appelé « cerveau hormonal ». Les neurones du cerveau hormonal se distinguent de ceux du cerveau câblé de plusieurs façons. Regroupés surtout dans le tronc cérébral et la région centrale du cerveau, ils forment de petits amas de milliers de cellules. Ils communiquent par une fibre nerveuse appelé axone qui conduit les impulsions électriques du neurone en dehors du corps de la cellule. Les axones sont les principales lignes de transmission du système nerveux. Contrairement aux synapses, les axones traversent de vastes régions de l’encéphale ce qui fait que, par ce moyen, un seul neurone peut donc en influencer plus de 100. 000 autres. Ce type de connection est plus lent que le précèdent mais ses effets sont plus durables et son champ d’action bien plus étendu.

Et nous dans tout ça ?
Les transsexuelles présentent un caryotype masculin « normal », (le fameux YX). Les recherches effectuées sur la présence d’un hypothétique gène de la transsexualité n’ont jamais abouties. Cela ne veux pas dire pour autant, comme nous allons le voir, qu’il n’y a pas de causes génétiques à la dysphorie de genre. Au niveau hormonal, nous produisons bien de la testostérone qui agit normalement sur nos cellules ce qui explique le développement masculin de notre corps. Le seul petit problème est que la nature, qui a un certain goût pour la complication, a fait que le système hormonal de notre cerveau n’est pas le même que celui du reste notre corps. Quand la testostérone arrive dans un neurone, elle va rencontrer une enzyme, la P450, cette enzyme, produite par un gène, le CYP19, va transformer la testostérone en estradiol B17, cela s’appelle « l’aromatisation ». L’oestradiol va se lier à un récepteur dénommé RE alpha, (on nomme cet ensemble un ligand, le terme « ligand » désignant une molécule qui se fixe à un récepteur). Ce récepteur est composé de quatre parties. Une de ses extrémités lui permet de se « lier » à l’oestradiol », quand à l’autre « extrémité », la DNA, (domaine de liaison à l’ADN), elle va, comme son nom l’indique, se lier à certains gènes spécifiques de l’ADN du neurone. On appel ces gène des HRE, (Hormone Responsive Eléments) parce qu’ils sont réceptifs à l’action du ligand. Les gènes contiennent les informations nécessaires à la synthèse des protéines, et ce sont ces protéines qui vont déterminer le développement des neurones. Quand l’oestradiol vient se « lier » au gène grâce au récepteur, (on appel ce phénomène la « translocation »), cela change la programmation du gène. Ce dernier devient alors de l’ARN, (acide ribonucléique). Cet ARN, va jouer un rôle de « messager génétique ». Il va sortir du noyau et se retrouver dans le corps cellulaire qui entoure ce dernier. Ce corps cellulaire, dénommé péricaryon, contient tous les éléments nécessaires à la fabrication de nouvelles protéines selon les instructions de l’ARN. Ces protéines sont ensuite acheminées dans des compartiments spécialisés du neurone où elles vont jouer un rôle essentiel dans le développement de ce dernier. L’oestradiol est un des facteurs déterminant dans la « masculinisation » du cerveau en provoquant la fabrication de certains types de protéines selon le processus qui vient d’être décrit. La détermination sexuelle hormonale a lieu vers la 11ème semaine de grossesse. A ce moment il se produit chez le fœtus male un « pic » de testostérone qui va déterminer les caractères sexuels masculins. C’est donc à cette période que la détermination sexuelle du cerveau va se produire. Durant la grossesse, le placenta produit, entre autre, de l’estradiol. Chez les fœtus de sexe féminin, on a constaté la présence d’une protéine, l’a-fœtoprotéine. Elle empêche l’estradiol de pénétrer dans le cerveau le protégeant des effets masculinisant de cette hormone. Autrement dit, si pour une raison ou pour une autre, l’estradiol n’est pas en mesure de modifier la « programmation » du gène, il n’y aura pas de production de protéines spécifiques et le cerveau prendra, par défaut, une orientation féminine.Comme nous l’avons vu pour le gène de l’enzyme 5-a reductase, les gènes peuvent subir des mutations appelées « mutation inactivatrice » qui diminuent plus ou moins fortement l’efficacité des enzymes fabriquées par ces gènes. Le gène du récepteur de l’estradiol, est connu sous le délicat pseudonyme de IVS1-401. Une mutation inactivatrice de ce gène affecte le fonctionnement du récepteur de l’estradiol, neutralisant les effets de cette hormone et empêchant la « masculinisation » du cerveau. Il existe une autre cause envisageable : le récepteur de l’oestradiol comporte à son extrémité situé du coté carboy-terminal, (autrement dit du coté qui va se lier à l’estradiol), une « hélice », appelée H12, composée de molécules d’ADN. Quand le récepteur se lie à l’estradiol, cette hélice se replie, libérant une surface qui permet le contact entre le récepteur et les gènes de l’ADN du neurone. Certaines mutations génétiques font que cette hélice peut ne pas se replier, empêchant donc contact du récepteur avec les gènes. Privé des effets masculinisant de l’estradiol, le cerveau prend donc une orientation féminine. Si l’on considère l’extrême complexité du système hormonal, la vingtaine de milliers de gènes présents dans notre cerveau et le fait que le fonctionnement ce dernier reste en grande partie un mystère, (le cerveau d’une souris comporte pratiquement le même nombre de gène que le cerveau humain mais il n’a « que » 40 millions de neurones alors que le notre en compte 100 milliards…), il est raisonnable de considérer qu’il n’y a pas vraisemblablement une mais plusieurs causes à la dysphorie de genre. Il semble cependant probable qu’une mutation génétique inhibant l’action de l’estradiol sur les gènes de l’ADN des neurones constitue un élément déterminant du processus.
Tout ça pour ça !
Comme on peut le constater, la création de l’univers tout comme l’évolution des espèces en général et la notre en particulier relève d’un mélange de règles précises et de chaos, (autrement dit d’un hasard limité). Notre évolution a été rendue possible par des mutations génétiques qui obéissent à ces règles. La dysphorie de genre, conséquence d’une de ces mutations, s’inscrit dans le cadre de cette évolution. Après tout, entre la création des premières particules élémentaires et nous, il ne s’est jamais écoulé que 14 milliards d’années. Juste un battement de cils au regard de l’éternité…


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Message non luPosté: 08 Juil 2008, 17:09 
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Inscription: 01 Mai 2008, 20:25
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BRIGITTE. MERCi

J ai lu ton texte avec attention...
et merci cela fait tellement dubien...
finalement tout ça est si simple.

Bisous et toute mon Amitié :D

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JOY !


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Message non luPosté: 08 Juil 2008, 17:12 
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Localisation: un coin perdu dans le 83!
nous sommes bien loin du "réçit biblique " adam et eve dans le jardin d'eden" mais néanmoins j'ai beaucoup appréçier ton réçit . Complexe certe mais très instructif

bises . :wink:

_________________
Il faut une âme pour qu'un corps puisse se réaliser.


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Message non luPosté: 08 Juil 2008, 18:13 
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Inscription: 21 Oct 2005, 13:51
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Localisation: Montpellier
Bonsoir brigitte2004_351 (Nom de code de la protèine des sciences) :lol:

De l'infiniment grand à l'infiniment petit, y a t-il seulement un sens (l'un vers l'autre) à tout cela, l'univer peut s'inquièter de sa pérennisation, avec le chamboulement produit dès lors que LA science "du Chaos", autorise l'existance, la mutation et la reproduction des être transsexués. :lol: Que Darwin va s'en retourner dans sa tombe car cela ne corrsepond plus à son dure labeur <<seuls>>. Notre avenir est donc de "disparaître" ? :cry:

Mais tout cela est blasphème et viva le grand inquisiteur de la quatrième, cinquième et sixième dimention, sans parler des mondes parallèles qui vient contredire ces thèses dont la naïveté n'a d'égale que la faiblesse de la science et de ses limites.


Mais comment "tout en carton" :lol: alors agés de 30 ans, a pu évolué dans cette civilisation, à 5000 ans de notre ère, dans une stucture sociétale, scientifique, aussi élaborée, alors que pendand ce temps, des "singes" à l'allure d'Hommes, mangeaient des racines ?

Grosse bise et merci à toi, Brigitte :lol:

Amélia

PS: Vive l'humour, cela aide à passer la pilule :wink: ... oui, celle qui influence, depuis plus de 40 ans, notre milieu naturel et fait que des poissons ne peuvent plus se reproduire ou que des gros crocos se retrouvent avec un trop petit zizi pour pouvoir satisfaire les thèses de notre cher hérétique de Darwin.

_________________
Je n'ai rien à cacher, juste à ... !


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Message non luPosté: 08 Juil 2008, 19:32 
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Localisation: Au pays des tielles et du mistral gagnant
Du plaisir a parcourir ton texte Brigitte
Il m'a semblé lire trois petites chose ou l'on pourrai ergoter mais je deteste les ergoteuses donc jouissons de le prairie sans trebucher sur la touffe d'herbe

bisou

_________________
«Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme c'est la peau.» [ Paul Valéry ]
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Message non luPosté: 08 Juil 2008, 19:45 
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mais ergotte donc chère Nadya :D je n'y voit aucun inconvénient, bien au contraire... c'est par la discussion et la confrontations des idées que l'on fait avancer les choses
D'ailleur je n'ai pas la science infuse, (ni diffuse, mais peut-etre un peu confuse parfois), et j'ai très bien pu écrire des choses inexactes, je serai ravie de savoir lesquelles.
Bises.
Brigitte.


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Message non luPosté: 09 Juil 2008, 10:15 
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Localisation: Montpellier
Merci beaucoup Brigitte pour cet essai très intéressant.
Moi je veux bien ergoter un peu mais ce n’est pas vraiment de l’ergotage, juste quelques idées, pensée, qui me sont inspirées par ton texte.

En prélude tu as « oublié » de poser la question « qui fâche » :
Qu’y avait il avant le Big Bang ?
Mais tu as bien fait de ne pas poser cette question car elle n’a pas de sens puisque « avant » le Big Bang le temps lui même n’existait pas ! Il n'y a donc pas d'avant ! Ceci est une citation d’Hubert Reeves qui m’a beaucoup marquée et pour cause, c’est fascinant.

La nature nous a doté de la reproduction sexuée pour le plaisir ? Peu probable car la nature se moque bien du plaisir ! L’Homme, l’Humanité dans son ensemble a, malgré certaines individualités contradictoires, comme seul et unique but la préservation de notre espèce. C’est un instinct animal tout à fait primaire auquel nous n’échappons pas. Pour préserver notre espèce que faut t’il ? Essentiellement trois éléments fondamentaux : l’eau, la nourriture et le sexe. Comme nous sommes dotés d’intelligence, probablement encore bien limitée mais cependant bien présente, le plaisir est indispensable à la procréation car sans ce plaisir l’homme se serait probablement détourné du sexe mettant en péril notre survie. Pour autant que notre cerveau, nos pensées, puissent prendre le pas sur la puissance des hormones. Finalement la nature est « bien » faite, ou presque. Sachant que le transsexualisme n’agit pas en vertu de la reproduction de notre espèce, c’est le moins que l’on puisse dire, est ce là un phénomène bien « naturel » ? Oui car la nature avant d’aboutir tâtonne, cherche des solutions dans le chaos et ceci ne se fait pas sans « erreurs ». Le transsexualisme peut il donc être un tâtonnement de la nature vers « autre chose » ? Nous ne serons plus là pour le savoir.
Comme Brigitte nous l’explique il aura fallu plus de 3 milliards d’années pour passer des stromatolites à l’Homme. Essayons alors d’imaginer ce que pourrait devenir l’Homme si il avait encore devant lui 3 milliards d’années d'évolution. Nous ne sommes probablement que de simples stromatolites comparé à ce que nous pourrions devenir…

Bisous

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" Fais ce que ton cœur te dit de faire – de toutes les façons, on te critiquera.
Tu seras damné si tu le fais, et damné si tu ne le fais pas. "
Eleanor Roosevelt


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Message non luPosté: 09 Juil 2008, 11:04 
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UN monde sans transmission sans reproduction sexuée est un monde de cauchemar!
Je vous renvoie au"Meilleur des Mondes" d'Aldous Huxley et imaginez un monde où seuls des clones humains seraient tolérés!

La liberté n'a pas de prix mais la réflexion non plus!

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curieuse de tout avide de connaissances


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 Sujet du message: Brigitte
Message non luPosté: 09 Juil 2008, 11:33 
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Inscription: 23 Oct 2007, 21:57
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Chère Abigaël,
je n'ai volontairement pas évoqué "l'avant" Big-bang, cela aurai impliqué d'aborder le problème de la transcendance qui constitue un autre sujet. Cela dit, si le sujet t'intéresse, je ne peux que te conseiller "les secrets de la vie éternelle" du grand théologien jacques Perret, ( inventeur du terme "ordinateur", qui voulait dire, selon ses intentions, "Dieu mettant de l'ordre dans le monde") ainsi que "la mélodie secrète" de l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan.
Comme je l'ai indiqué :
Citation:
Au risque de vous décevoir, la reproduction sexuée n’est pas apparue pour notre plaisir

Il s'agit simplement d'un stade de l'évolution de l'espèce qui a permis de limiter les risques de transmission des altérations génétiques. L'apparition des moyens de contraception marque un stade d'évolution déterminant puisqu'à partir de ce moment il y a eu dissociation entre l'acte sexuel et la nécessité de la reproduction pour la survie de l'espèce. je défend simplement l'idée que la transsexualité est une forme de mutation résultant de l'évolution de l'espèce. Comme lle se situe dans le cadre des lois de cette évolution, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une "erreur" mais simplement d'un des multiples et innombrable essai que fait la nature dans sa recherche de solutions. La dysphorie de genre n'étant pas génétiquement transmissible on peut la considérer comme un "accident" sporadique et ponctuel. Un peu comme si dans une colonie de colombes, il apparaissait de temps à autre une colombe avec des plumes grises. Cela ne l'empèche pas de voler, elle est juste une peu "différente", tout comme nous. Pour conclure, et afin de "boucler la boucle", je dirai que la question à 100 euros est de savoir si l'univers va continuer son expansion jusqu'a l'arret complet du mouvement atomique ce qui signifierai qu'il à une histoire finie, ou si il va se contracter à nouveau ce qui impliquerai la notion d'un temps "infini". La solution se trouve dans la densité de la matière qui le compose mais jusqu'à présent, elle demeure sans réponse...


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