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 Sujet du message: le cerveau homme, femme
Message non luPosté: 20 Oct 2004, 08:36 
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Inscription: 06 Déc 2003, 18:14
Messages: 402
Texte traduit par un ami

Un commentaire d'article scientifique d’Anne Lawrence qui a mon avis n’est pas traduit en français. Je m’y suis donc attelé. S’il vous intéresse, n’hésitez pas à le diffuser. Article intéressant d’ailleurs en ce qu’il montre que la science doit rester modeste dans ses tentatives d’explications. Dans un cadre plus général, il est intéressant de lire ce texte "Cerveau de femme, cerveau d’homme : le point sur les différences" . Rien de transcendant d’ailleurs. Mais où vous reconnaissez-vous ?

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WC Chung, GJ De Vries, DF Swaab (2002) : chez les humains, la subdivision centrale du noyau plancher de la Stria Terminalis ne devient pas sexuellement dimorphique avant l’âge adulte.

Commentaire par le Docteur Anne A. Lawrence.

Deux rapports de l’institut néerlandais pour la recherche sur le cerveau, publiés en 1995 et 2000, ont été largement interprétés comme démontrant l'existence d'un marqueur neuro-anatomique possible pour la transsexualité homme vers femme (MtF). En 1995, Zhou et al. ont reporté que la subdivision centrale du noyau plancher de la Stria Terminalis (BSTc), un ensemble de cellules de l’hypothalamus, permettait d’établir un dimorphisme sexuel chez les humains. Le volume du BSTc est significativement plus gros chez les hommes que chez les femmes. En outre, l'étude des cerveaux de 6 transsexuels MtF étudiés par Zhou et al. a révélé un volume du BST compatible à celui des femmes. Une publication ultérieure de Krujiver et al. En 2000 a repris les données pour ces 6 transsexuelles ainsi que de 2 autres, incluant des transsexuels femme vers homme (FtM). Krujiver a conforté les constats de Zhou et al. et a établi qu’il s’agissait de différences avérées du nombre de neurones contenus dans cette zone et non un artéfact de mesure.

Ces deux rapports ont donné lieu à des extrapolations un peu fantaisistes, affirmant entre autres que les transsexuelles MtF avaient le cerveau sexué des femmes (exemple : "[Je] suis née et ai été élevée comme un garçon : terrible erreur car j’ai en fait le cerveau sexué… d’une fille"). De telles affirmations hasardeuses ont même été avancées par des scientifiques, et ce ne tentant pas compte que seuls huit cas ont été étudiés et qu’aucun autre laboratoire n’a refait de mesures, et ce en tenant pas compte que des douzaines d’autres structures également sexuellement dimorphiques dans le cerveau ne suivent pas cette particularité chez les transsexuels. Il n’a pas été non plus tenu compte qu’on ignore tout du rôle éventuel du BSTc chez les humains. Les partisans du cerveau sexué tenaient leur marqueur dimorphique et un nécessaire doute scientifique ne les effleurait pas.

Et ce jusqu’à récemment où une publication de Chung et al. a exposé un fait inattendu. Chez les humains et à la différence des rats et probablement d’autres espèces, le volume du BSTc ne devient pas sexuellement dimorphique avant l’âge adulte. Cependant, nombre de transsexuel MtF déclarent avoir connu une dysphorie du genre depuis l’enfance, souvent d’aussi loin qu’elles s’en souviennent. Il est dans ces conditions difficile d’imaginer comment le volume du BSTc puisse être un marqueur de l’identité de genre puisse que son volume ne devient sexuellement dimorphique que longtemps après que l’identité de genre soit fermement fixée. Comme Chung et al. le déclarent :

"La différentiation tardive du volume du BTSc affecte aussi notre perception de la relation entre ce volume et la transsexualité. Il est à remarquer que les transsexuels consultent pour la première fois entre 20 et 45 ans, ce qui correspond à une période d’établissement du dimorphisme sexuel révélé par la présente étude (Van Kesteren et al., 1996). Cependant des études épidémiologiques montrent une prise de conscience bien plus précoce des problèmes de genre. Environ 67 à 78% des transsexuels adultes expliquent avoir connu depuis leur enfance un très fort et constant sentiment d’être nés dans le mauvais corps (Van Kesteren et al., 1996)."

Bien sûr, on peut toujours bâtir des explications compatibles avec le fait que le volume du BSTc soit un marqueur dimorphique sexuel pertinent pour l’identité de genre des transsexuels. Chung et al. ont suggéré que des niveaux d’hormones lors du stade foetal ou néonatal pourraient affecter le sentiment d’identité de genre et aussi produire des effets sur la densité neuronale, l’activité synaptique et la composition neurochimique du BSTc, effets qui n’affecteraient pas immédiatement le volume du BSTc, mais plus tard, à l’âge adulte. Cependant, ils ne proposent aucun mécanisme rendant compte de ce phénomène. Ils ont aussi pensé que le volume final du BSTc puisse être influencé par cette impossibilité pour la personne MtF de développer une identité de genre masculine, là encore sans avancer de mécanisme en jeu.

A part ces hypothèses, il apparaît que cette communication porte un certain coup à la thèse selon laquelle le volume du BSTc soit un marqueur dimorphique pertinent de l’identité de genre des transsexuels. De là à que cela puisse tempérer les affirmations fantaisistes de l’existence d’un cerveau femelle chez les transsexuelles MtF, rien n’est moins sûr.

Référence de la communication discutée :
Journal of Neuroscience 22(3): 1027-1033 (February 1, 2002)
Chung WC, De Vries GJ, Swaab DF.
Netherlands Institute for Brain Research, 1105 AZ Amsterdam, The Netherlands.

Résumé de cette communication scientifique :
Les stéroïdes gonadiques ont des effets remarquables dépendants du sexe sur l’organisation et le comportement du cerveau dans le monde animal. Vraisemblablement, ces stéroïdes sont aussi responsables d’une différenciation du cerveau humain au stade foetal et néonatal. Une structure limbique très intéressante dans le domaine de la dimorphie sexuelle existe sous forme de la sous-partie centrale du noyau plancher de la Stria Terminalis(BSTc) car sa taille a été mise en cause en cas de trouble transsexuel d’identité de genre. Afin de déterminer à quel âge le BSTc devient sexuellement dimorphique, son volume a été étudié chez des individus mâles et femelles depuis le milieu de la gestation jusqu’à l’âge adulte. A l’aide de marqueurs tels que des polypeptides intestinaux vasoactifs et des colorants immunocyto-chimiques de la somatosatine, nous avons trouvé que BSTc était plus large et contenait plus de neurones chez les hommes que chez les femmes. Cependant, cette différence ne devient significative qu’à l’âge adulte, montrant que la différentiation sexuelle du cerveau humain peut se prolonger jusqu’à cet âge. Cette différenciation sexuelle du BSTc qui intervient curieusement si tard est discutée dans sa relation avec les différences sexuelles de niveaux des stéroïdes gonadiques avant l’adolescence, pendant celle-ci puis à l’âge adulte.

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 Sujet du message: Les chercheurs cherchent
Message non luPosté: 20 Oct 2004, 12:05 
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Inscription: 12 Avr 2003, 14:09
Messages: 5758
Localisation: Au pays des tielles et du mistral gagnant
Et aucun docte chercheur n'a pense a la simple influence des hormones prises pendant des années sur la repârtition des aires cervicales ?

On les paye pour quoi faire

L'une des famille de substances les plus puissante chez le mammifere sont les hormones sexuelles
et leur pouvoir ne s'arrete pas a nous faire des air-bags ou a nous donner des voix de cow boy mais agit sur tous le corp, donc le cerveau et la pensée

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