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Message non luPosté: 23 Aoû 2009, 15:05 
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Société 13/08/2009 à 06h51
Femme à l’armée, homme au civil

Delphine Ravisé-Giard. Transgenre reconnue par son employeur, l’armée de l’air, cette adjudante - autrefois adjudant - s’est vu refuser son identité féminine par l’état civil.


Par JULIA TISSIER


Sur sa photo Facebook, avec ses cheveux mi-longs, son visage aux traits fins et son mètre quatre-vingts, Delphine Ravisé-Giard a tout d’une femme. Il ne lui manque plus qu’un état civil au féminin. Avant, Delphine s’appelait Thierry. Cette militaire de carrière est transgenre : son apparence physique ne correspond plus à son sexe de naissance. Mais le tribunal de grande instance (TGI) de Nancy vient de lui refuser son changement d’état civil au motif qu’elle «ne justifie pas du caractère irréversible de sa transformation physique homme-femme et notamment sexuelle». En clair : pas d’opération chirurgicale, pas de nouvelle identité. Pourtant, l’armée, que l’on n’imagine pas forcément laxiste en matière de changement de sexe, la considère déjà comme une femme.

Delphine Ravisé-Giard, qui ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet, est engagée depuis plus de vingt ans dans l’armée de l’air. A 39 ans, elle a le grade d’adjudante à Nancy. Longtemps, son unité l’a connu homme. Il y a dix-huit mois, au retour d’un arrêt maladie, Delphine Ravisé-Giard décide de «reprendre son travail en femme», explique Stéphanie Nicot, la porte-parole de l’association Trans Aide, elle-même déboutée d’une requête semblable au printemps. Delphine a suivi un traitement hormonal et s’est féminisée.

«Tolérance».«Ses responsables ont alors pris acte de la situation, continue Stéphanie Nicot, et lui ont donné les moyens de travailler avec cette nouvelle identité.» On lui fournit un uniforme féminin et des papiers militaires qui mentionnent son nouveau prénom. «Elle a une identité de personnel militaire féminin, confirme le commandant Frédéric Solano, en charge du département médias à l’armée de l’air, et est considérée comme une adjudante femme.» On peut parler d’une «tolérance locale», croit savoir Laurent Cyferman, son avocat. Le retour de la militaire se passe bien : «Elle est très bien intégrée. Au niveau de son travail et de son environnement, il n’y a aucun problème», assure Frédéric Solano. Du côté de l’association Trans Aide, on garantit que tout s’est bien passé. Cependant, dans la vie quotidienne, Delphine rencontre régulièrement des difficultés, notamment lorsqu’il s’agit de présenter son permis de conduire, sa carte grise ou son passeport. La militaire demande alors au TGI de Nancy que le changement de sexe et de prénom soient modifiés sur son acte de naissance. Le 10 août, le jugement tombe. Négatif.

En France, depuis une décision de la Cour de cassation en 1992, le changement de sexe à l’état civil n’est accordé par la justice qu’à certaines conditions. Le demandeur doit présenter «le syndrome de transsexualisme», encore inscrit dans la catégorie des affections psychiatriques de longue durée. En juin, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a d’ailleurs saisi la Haute autorité de santé en vue d’un décret le déclassifiant. Le demandeur doit également avoir pris l’apparence physique de l’autre sexe, «à la suite d’un traitement médico-chirurgical subi dans un but thérapeutique», précise le jugement du TGI de Nancy, que Libération s’est procuré. Un simple traitement hormonal, tel que celui que Delphine Ravisé-Giard a suivi, ne suffit pas. «Delphine est une personne lucide qui ne nie pas son sexe de naissance mais a le genre d’un autre sexe», insiste Stéphanie Nicot. Pas question pour elle de reconnaître un quelconque syndrome. Elle n’est atteinte d’aucune «affection» et «le fait d’être opérée relève de sa vie privée», souligne son avocat. «Cela ne regarde pas l’Etat», s’emporte la porte-parole de Trans Aide. Acte militant ? «Non, répond l’association, c’est une question de dignité humaine.»

«Stérilisation». Le tribunal considère que Delphine Ravisé-Giard refuse «le principe d’une intervention chirurgicale» puisqu’elle n’apporte aucun justificatif d’une telle opération et conserve par là même «des organes génitaux et reproducteurs masculins», détaille le jugement. Selon Stéphanie Nicot, la justice a «l’honnêteté» de parler d’organe «reproducteur». La militante est persuadée que «ce qu’ils veulent, c’est la garantie que l’on n’aura plus d’enfant». En guise d’argument, la porte-parole de Trans Aide donne en exemple le cas (mentionné dans le jugement du 10 août) d’une femme devenue homme dont le changement d’état civil a été reconnu par la cour d’appel d’Aix-en-Provence en 2001. Celle-ci avait conservé «un appareil génital externe de type féminin», mais avait subi une hystérectomie (ablation de l’utérus) et une annexectomie (ablation des trompes et des ovaires). «L’assurance de la stérilité permet d’éviter de faire face à des situations d’homoparentalité biologiquement non discutables», conclut la porte-parole qui milite pour «un changement d’identité libre et gratuit sans obligation de stérilisation». Et ne mâche pas ses mots : «La stérilisation forcée pour obtenir un changement d’identité de toute une communauté est une ignominie.» Delphine Ravisé-Giard fera très probablement appel du jugement.

En juillet, Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, a déclaré que les personnes souhaitant «faire reconnaître leur identité de genre ne devraient pas être obligatoirement soumises à une stérilisation ni à aucun autre traitement médical».

Un jour, ce sera peut-être à la Cour européenne des droits de l’homme de trancher le cas des transgenres en France.

Merci à Libé
http://www.liberation.fr/societe/010158 ... e-au-civil

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Message non luPosté: 23 Aoû 2009, 15:31 
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Inscription: 01 Juil 2009, 18:45
Messages: 1373
Trans-Act a écrit:
Société 13/08/2009 à 06h51
Femme à l’armée, homme au civil

Delphine Ravisé-Giard. Transgenre reconnue par son employeur, l’armée de l’air, cette adjudante - autrefois adjudant - s’est vu refuser son identité féminine par l’état civil.


Par JULIA TISSIER


Sur sa photo Facebook, avec ses cheveux mi-longs, son visage aux traits fins et son mètre quatre-vingts, Delphine Ravisé-Giard a tout d’une femme. Il ne lui manque plus qu’un état civil au féminin. Avant, Delphine s’appelait Thierry. Cette militaire de carrière est transgenre : son apparence physique ne correspond plus à son sexe de naissance. Mais le tribunal de grande instance (TGI) de Nancy vient de lui refuser son changement d’état civil au motif qu’elle «ne justifie pas du caractère irréversible de sa transformation physique homme-femme et notamment sexuelle». En clair : pas d’opération chirurgicale, pas de nouvelle identité. Pourtant, l’armée, que l’on n’imagine pas forcément laxiste en matière de changement de sexe, la considère déjà comme une femme.

Delphine Ravisé-Giard, qui ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet, est engagée depuis plus de vingt ans dans l’armée de l’air. A 39 ans, elle a le grade d’adjudante à Nancy. Longtemps, son unité l’a connu homme. Il y a dix-huit mois, au retour d’un arrêt maladie, Delphine Ravisé-Giard décide de «reprendre son travail en femme», explique Stéphanie Nicot, la porte-parole de l’association Trans Aide, elle-même déboutée d’une requête semblable au printemps. Delphine a suivi un traitement hormonal et s’est féminisée.

«Tolérance».«Ses responsables ont alors pris acte de la situation, continue Stéphanie Nicot, et lui ont donné les moyens de travailler avec cette nouvelle identité.» On lui fournit un uniforme féminin et des papiers militaires qui mentionnent son nouveau prénom. «Elle a une identité de personnel militaire féminin, confirme le commandant Frédéric Solano, en charge du département médias à l’armée de l’air, et est considérée comme une adjudante femme.» On peut parler d’une «tolérance locale», croit savoir Laurent Cyferman, son avocat. Le retour de la militaire se passe bien : «Elle est très bien intégrée. Au niveau de son travail et de son environnement, il n’y a aucun problème», assure Frédéric Solano. Du côté de l’association Trans Aide, on garantit que tout s’est bien passé. Cependant, dans la vie quotidienne, Delphine rencontre régulièrement des difficultés, notamment lorsqu’il s’agit de présenter son permis de conduire, sa carte grise ou son passeport. La militaire demande alors au TGI de Nancy que le changement de sexe et de prénom soient modifiés sur son acte de naissance. Le 10 août, le jugement tombe. Négatif.

En France, depuis une décision de la Cour de cassation en 1992, le changement de sexe à l’état civil n’est accordé par la justice qu’à certaines conditions. Le demandeur doit présenter «le syndrome de transsexualisme», encore inscrit dans la catégorie des affections psychiatriques de longue durée. En juin, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a d’ailleurs saisi la Haute autorité de santé en vue d’un décret le déclassifiant. Le demandeur doit également avoir pris l’apparence physique de l’autre sexe, «à la suite d’un traitement médico-chirurgical subi dans un but thérapeutique», précise le jugement du TGI de Nancy, que Libération s’est procuré. Un simple traitement hormonal, tel que celui que Delphine Ravisé-Giard a suivi, ne suffit pas. «Delphine est une personne lucide qui ne nie pas son sexe de naissance mais a le genre d’un autre sexe», insiste Stéphanie Nicot. Pas question pour elle de reconnaître un quelconque syndrome. Elle n’est atteinte d’aucune «affection» et «le fait d’être opérée relève de sa vie privée», souligne son avocat. «Cela ne regarde pas l’Etat», s’emporte la porte-parole de Trans Aide. Acte militant ? «Non, répond l’association, c’est une question de dignité humaine.»

«Stérilisation». Le tribunal considère que Delphine Ravisé-Giard refuse «le principe d’une intervention chirurgicale» puisqu’elle n’apporte aucun justificatif d’une telle opération et conserve par là même «des organes génitaux et reproducteurs masculins», détaille le jugement. Selon Stéphanie Nicot, la justice a «l’honnêteté» de parler d’organe «reproducteur». La militante est persuadée que «ce qu’ils veulent, c’est la garantie que l’on n’aura plus d’enfant». En guise d’argument, la porte-parole de Trans Aide donne en exemple le cas (mentionné dans le jugement du 10 août) d’une femme devenue homme dont le changement d’état civil a été reconnu par la cour d’appel d’Aix-en-Provence en 2001. Celle-ci avait conservé «un appareil génital externe de type féminin», mais avait subi une hystérectomie (ablation de l’utérus) et une annexectomie (ablation des trompes et des ovaires). «L’assurance de la stérilité permet d’éviter de faire face à des situations d’homoparentalité biologiquement non discutables», conclut la porte-parole qui milite pour «un changement d’identité libre et gratuit sans obligation de stérilisation». Et ne mâche pas ses mots : «La stérilisation forcée pour obtenir un changement d’identité de toute une communauté est une ignominie.» Delphine Ravisé-Giard fera très probablement appel du jugement.

En juillet, Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, a déclaré que les personnes souhaitant «faire reconnaître leur identité de genre ne devraient pas être obligatoirement soumises à une stérilisation ni à aucun autre traitement médical».

Un jour, ce sera peut-être à la Cour européenne des droits de l’homme de trancher le cas des transgenres en France.

Merci à Libé
http://www.liberation.fr/societe/010158 ... e-au-civil


Merci à Libé !!! Oui.

Mais que certains sites, soi-disant, ouverts à toutes les formes de la transidentité, en prennent de la graine. Quitte à faire un grand ménage...
Comme ici, par exemple... Parce que la quantité de posts qualifiant de pervers et de malades mentaux les transgenres et qui vont dans le sens du TGI de Nancy, il y en a des pelletées entières ici. Ce n'est pas grâce à ce genre de posts, que Delphine Ravisé-Giard va trouver du soutien.


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Message non luPosté: 23 Aoû 2009, 15:34 
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Inscription: 12 Juin 2009, 14:39
Messages: 2885
c'est drole, l'armèe et la police se sont des endroits très machistes et pourtant elles la considerent simplement une femme c'est beau

_________________
le trop de quelque chose est un manque de quelque chose...
Si tu n'as pas le temps,c'est que tu es dèjà mort...


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Message non luPosté: 23 Aoû 2009, 16:10 
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Inscription: 13 Oct 2003, 18:20
Messages: 694
Localisation: Paris
Mouais... On ne me fera jamais croire que l'armée est un creuset d'avancées sociales... A mon avis si l'armée considère les TS comme des femmes, c'est sûrement plutôt pour pouvoir monter des régiments féminins qu'elle enverra au casse-pipe ou sur des champs de mine avec l'impression que ça ne lui coûte rien...


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Message non luPosté: 23 Aoû 2009, 16:22 
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Inscription: 01 Juil 2009, 18:45
Messages: 1373
Michele_Anne a écrit:
Mouais... On ne me fera jamais croire que l'armée est un creuset d'avancées sociales... A mon avis si l'armée considère les TS comme des femmes, c'est sûrement plutôt pour pouvoir monter des régiments féminins qu'elle enverra au casse-pipe ou sur des champs de mine avec l'impression que ça ne lui coûte rien...


On est bien d'accord. Toujours est-il que l'armée conserve une "image" vis à vis du grand public, qui peut aider, à "valider" la cause du genre, même si ça n'est que pour remplir son stock de chair à canon ou à missiles. L'armée sera la dernière à disparaître de cette terre ; son dernier élément sera peut-être un ou une, transgenre... Quel épilogue pour l'humanité...


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Message non luPosté: 23 Aoû 2009, 16:28 
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Inscription: 01 Mai 2008, 20:25
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