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François Béranger au participe présent
Ce week-end, l’esprit de François Béranger va planer sur la Fête de l’Humanité. Cinq ans après la disparition de cet auteur compositeur interprète majeur, quarante ans après 68 dont il fut l’un des rares à perpétuer l’esprit, François Béranger, créateur de « Mamadou m’a dit », est présent à travers un hommage que lui rendent des artistes de toute génération, de Mell à Hubert-Félix Thiéfaine, qui, après un cd sorti en avril, sont sur scène pour donner chair à ce projet.




La vie, l’amour, la révolte. S’il faut présenter l’œuvre de François Béranger à un adolescent qui ne connaîtrait pas ce chanteur majeur de l’après-mai 68, il me semble que ces trois mots la résume parfaitement. La vie, l’amour, la révolte caractérisaient aussi Léo Ferré. Celui-ci est parti il y a quinze ans, François Béranger (1937-2003) il y a cinq ans. Tous deux ont été marqué par l’esprit de mai.

"Tous ces mots terribles", titre d’une chanson de François Béranger, est aussi celui d’un cd sorti en avril dernier, un hommage au créateur de "Mamadou m’a dit" par dix-sept chanteurs d’aujourd’hui dont Emmanuelle Béranger, initiatrice du projet, fille de François. Dix sept artistes rassemblés par l’estime, l’amitié, qu’ils portent à cet artiste populaire.

Le problème avec François Béranger c’est qu’on l’a souvent pris pour un autre. Chanteur engagé ? Ah bon ? Pour moi c’était juste un chanteur et c’est déjà pas mal. C’est pas donné à tout le monde de chanter juste. De juste chanter, de partager avec un certain génie son émotion et ses indignations, sans pathos. Et de savoir poser sur son art un regard lucide : "Je pense qu’il ne faut pas exégérer la place des chanteurs et des chansons. Les chansons, ça existe, je crois même que ça existe génétiquement en nous. Je ne pense pas que la chanson puisse disparaître un jour de notre culture, bien qu’on lui fasse subir de très mauvais traitements depuis quelques années... Je pense que la chanson peut être un phénomène d’accompagnement, de circonstances historiques, de bouleversements, de révolutions, etc. Mais ça n’est ni un kilo de pain, ni une Kalachnikov, ni une grève, rien de tout ça, c’est autre chose..."(entretien avec Jacques Perciot. Le Petit format. Novembre 2003).

Béranger artiste, cela signifie qu’il était libre par nature de toute entrave idéologique. Béranger c’est à la fois « Magouille blues » et « Natacha », c’est « Le Monument aux oiseaux » et « La fille que j’aime » , c’est bien sûr « Mamadou m’a dit » :



et « Dis moi oui » :





Avec une quinzaine d’albums en trois décennies, ses chansons reflètent toute une palette des sentiments, de l’amour à la colère. C’est aussi une étonnante galerie de personnages qui les peuplent, du « Vieux » au « Balayeur d’Amérique », en passant par sa grand-mère ou « Mamadou ».
Ces chansons : « une somme de biographies, la mienne et celle de gens qui me sont proches » (entretien avec Jacques Perciot. Le Petit format. Novembre 2003).

Béranger aimait les gens. Les individus. Indivisibles. Entiers. Lui aussi était entier, avec sa belle gueule carré, sa stature massive, sa grosse voix que parfois dans la radio on entendait, naguère (et je ne parle pas de la télé sur laquelle "un jour j’ai pissé tellement c’était chouette, et bien sûr toute l’électricité m’est passée dans la quéquette"). C’est un thème récurrent, ça, ses chansons qui ne passaient pas à la radio : « On m’a dit fait des chansons comme ci, on m’a dit fait des chanson comme ça, mais que surtout ça ne parle jamais de choses vraies, tellement vulgaires » chantait-il en 1975, quatre ans avant « chansons marrantes » :

"J’aim’rais faire des chansons marrantes
Faire rigoler ceux qu’ont payé
Vous dire que le monde est beau
Malgré quelques petits accrocs
Que j’reviens de Californie
La tête pleine de rainbowS
Vous faire des big bisous partout...
J’aim’rais faire des chansons marrantes
Pour que s’écroulent sous leur bureau,
Tous les programmateurs radio
Qui me prennent pour un vieil aigri
Un emmerdeur un mal poli
Qui n’vient jamais faire sa cour
Qui donne jamais de p’tit cadeau..."

Persona non grata à l’antenne, Béranger, à l’instar de toute la scène rock hexagonale de l’époque, chantait dans les MJC, les festivals, les fêtes du PCF, mais aussi, rappelle Michel Chemin, "pour Lip, pour les grévistes du Joint Français, les taulards, les antimilitaristes..." (Libération 15/10/2003). Ça faisait du monde. C’est grâce à ce public que Béranger a pu exister artistiquement. Un public qu’il respectait, en témoigne le tarif de ses billets d’entrée, 10 francs, un prix ridicule : "Certains soirs j’arrêtais tout, je faisais rallumer la salle et je donnais une causerie pour expliquer aux gens pourquoi ça coûtait dix francs et combien coûtait un camion, une sono, les musiciens...En général, ça se terminait très bien mais il fallait faire ce travail de clarification. Parfois on tombait quand même sur des gens de mauvaise foi et ça se terminait en bagarre..."(entretien avec Jacques Perciot. Le Petit format.Novembre 2003).

Je ne vais pas vous raconter sa vie, d’autres, y compris lui-même, dans "Tranche de vie" ou ailleurs (« Je suis né, je mourirai », son autobiographie, figure dans le coffret « Le vrai changement, c’est quand », éditions Futur Acoustic) l’ont fait.

Mais il est important de rappeler les circonstances des débuts : 68. Hasard du calendrier, Béranger est mort il y a cinq ans et l’on fête les quarante ans de 68. Moment sans doute opportun pour l’hommage qui lui est rendu sur disque et sur scène à la Fête de l’Humanité. Pour Béranger, comme pour beaucoup d’autres, 68 a été une période de rupture que seul aura su traduire « l’An 01 », de Doillon. Incroyable film tourné avec un budget ridicule : "On n’avais jamais fait de cinéma comme ça, dit Jacques Doillon. Et on n’en a jamais refait depuis. C’était une utopie, bien sûr. Mais les gens nous confortaient dans notre rêve. En sortant des salles, ils étaient tous dépités : "Quel dommage, nous disaient-ils, que le film ne continue pas dans la rue !". ("Echappée belle en utopie". Marie-Elisabeth Rouchy. Télérama. 19 février 1997). François Béranger y interprètera une chanson, écrite par le regretté dessinateur Gébé :




Le mieux donc pour connaître l’homme c’est de découvrir l’artiste, c’est d’écouter ses chansons. Tous ses disques sont disponibles. Moi, j’ai une préférence pour son album en public de 1978 avec sa pochette, un peinture naïve dans un triangle sur fond noir, œuvre de sa femme, Martine Hussenot.

J’avais 15 ans, et je me souviens être allé chez l’Escargot Sibecar, sa maison de disques (celle de Michel Bulher que l’on peut voir dans la vidéo ci-dessous reprendre une chansons de Béranger) et d’avoir demandé une affiche de Béranger. On m’avait gentiment donné celle qui représente le live.




Béranger, j’avais du le découvrir sur scène peu avant, dans un de ces fêtes locales du PCF où m’emmenait mon frère. Le même week-end, sur le plateau, j’avais découvert Béranger, Dick Annegarn, Colette Magny.... D’un seul coup, mon éducation musicale a été torchée.

On rappelle rarement quel rôle a eu Béranger à cette époque. On se souvient d’Higelin, de Renaud, de Lavilliers, mais pas de Béranger… « Pourtant, si le rock français existe, alors Béranger en est le leader. Même s’il met du tango, de la bossa, de la gigue ou de l’accordéon dans son chant » écrivait François-René Christiani en 1976.

Pourtant, ses chansons sont un drôle de putain d’alliage entre des musiciens très chevronnés (le guitariste Jean-Pierre Alarcen en tête), oscillant entre rock binaire et progressif, et un chanteur qui a toujours pour moi représenté la quadrature du cercle : un type carré d’épaules jusque dans ses engagements, mais rond aussi, sensible, prêt à arrondir les angles.

Ses chansons carrées, Béranger les a sans doute arrondies un peu. Avec l’aide d’Alarcen, arrangeur génial, elles prenaient toute leur ampleur, toute leur force, celles de protest-songs qui collaient à leur temps.

Béranger n’était pas seulement auteur, il était aussi musicien. Et il savait s’entourer d’excellents musiciens. On ne l’a jamais pris en défaut. Il avait l’oreille. Et une culture musicale imparable. Il est l’un des premiers à avoir introduit ce qu’on appelle aujourd’hui les musiques du monde dans la chanson. « La chaise », par exemple, son troisième disque, est un voyage : « Rachel » (musique Yiddish), « « Tango de l’ennui » (comme son nom l’indique), « chanson à danser » (gigue), « Nous sommes un cas » musique andine)…

Plus tard j’ai revu Béranger à la fête de l’Huma, en 1979. La bande a Alarcen avait laissé la place aux musicos qu’on retrouve sur "Joue pas avec mes nerfs" et "Articles sans suite" . Avec Alarcen, l’aventure a commencé avec l’excellent "Le monde bouge" et se termine avec "Participe présnet" et sa reprise de Woodie Guthrie.

Et puis, j’ai décroché. J’ai cru l’oublier. Mais on oublie pas un type comme Béranger. Je l’ai revu, plus tard, sur scène :




La magie et l’émotion était toujours là. J’avais la gorge serrée de revoir ce gaillard taillé pour durer encore deux et bien plus de quinquennats… Il occupait l’espace entre deux chansons avec des boutades, des trucs de type pas forcément à l’aise sur scène. Un cd en public avait suivi. Un peu après sa mort, j’avais appris qu’il avait sorti un ultime disque en hommage à Félix Leclerc, une petite merveille. Juste sa voix, l’accordéon de Didier Ithurssary et la guitare de Philippe Desbois.

Un disque en hommage à sa jeunesse, du temps où, explique t-il dans le livret, il reprenait les chansons de Félix sur sa guitare en contreplaqué « achetée en promo chez Beuscher »), devant « des gens qui me prenaient volontiers pour un canadien, car j’en rajoutais un peu dans l’imitation ». « Plus tard j’ai fait mes propres chansons et crû oublier Félix. Mais on n’oublie pas Félix ni les chansons qui ont porté vos débuts », explique t-il dans le livret de ce cd qu’il dédie à sa jeunesse. Un an après, il mourra d’un cancer, à 66 ans chez lui, dans le sud de la France.

Avec « Tous ces mots terribles », cd initié par Emmanuelle Béranger sa fille, c’est un souffle d’air frais qui entre dans la maison, un retour en fanfare, un hommage sincère, mais sans obséquiosité. Dix sept chansons interprétées par des chanteurs dont certains frisent au moins la trentaine et d’autres atteignent bien le double : Loïc Lantoine, excellent, Hubert Félix Thiéfaine se souvenant qu’il effectuait les premières parties de Béranger, se coltinant « Tranche de vie » a toute allure, Sansévérino dénichant le peu connu « Brésils », Michel Bülher, ami de trente ans de Béranger, resuscitant « Le Vieux » ou Jeanne Cherhal, magnifique, nous faisant presque oublier la version originale de « Rachel ». D’autres sont présents : Raoul Petite, Tryo, Les Blaireaux, Jamait, Marcel et son Orchestre, la Rue Kétanou, Mell (qui vient au passage de recevoir le prix Olivier Chappe) et Christian Olivier, les Szgaboonistes, Gérard Blanchard, Tony Truand, Emmanuelle Béranger elle-même, fragile dans cet exercice délicat.

L’édifice, bien que branlant par endroit, tient debout, en équilibre sur l’émotion. On ne choisit pas de chanter Béranger impunément. Ça ne rapporte rien, en terme d’images (ni en terme d’autres choses, d’ailleurs). Il y faut une espèce de foi, ou d’amour. Ça tient à la personnalité du bonhomme.

A la Fête de l’Huma, ce week-end, la jeune génération va découvrir François Béranger comme moi et tant d’autres l’ont découvert ce jour de septembre 1979, sur la grande scène de la Fête. Ces chansons, au milieu de l’abrutissement ambiant, parlerons à ces jeunes. Elles traceront leur chemin, ces chansons qui parlent d’amour et de révolte. Ces chansons qui parlent de la vie.

A toi, François.


source avec video :http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=43736


frederique

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LA TRANSSEXUALITE C ' EST BIEN ... A CONDITION D' EN SORTIR

pour ma petite pomme c'est finalisé alors
MERCI et @ BIENTOT ... peut être

bisous a toute et a tous


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Message non luPosté: 29 Aoû 2008, 11:45 
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Localisation: Au pays des tielles et du mistral gagnant
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Une tranche de vie vraie a propos de Francois Beranger


Elle s'appelait Sehia et etait dans sa phase jeune et jolie beurette baba cool
Il s'appelait Francois et etait un chanteur engagé connu

Il lui dit veut tu toi et ta copine m'accompagner en tournée ?
Elle, n'en croyant pas ses oreilles : Oh oui , j'adore ce que tu fait

Et ils partirent les groupies et le chanteur engagé sur les chemins de l'ete de France et de Navarre

Lui: Dis moi pourrai tu me preter tes fesses
Elle: Oh comme il est liberé et sans hypocrisie !!

C'etait du temps des chanteurs engagés
On ne savait pas a l'epoque qu'un jour on aurai un Sarkozy comme president
Que Macha Beranger aurai fumé sa vie à donner des conseils a des esseulé privé de valium
et que les soixante huitards seraient a la retraite ou morts


http://www.dailymotion.com/video/xma9v_ ... ible_music

http://www.dailymotion.com/video/x4ydhw ... ille_music

http://www.dailymotion.com/video/x53pry ... -oui_music


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«Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme c'est la peau.» [ Paul Valéry ]
«Courage is contagious» [ Julian Assange - WikiLeaks ]
«L’homme ne doit pas tenter de dissiper l’ambiguïté de son être mais au contraire accepter de la réaliser.» [ Simone de Beauvoir ]


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Message non luPosté: 29 Aoû 2008, 15:12 
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Inscription: 18 Juin 2008, 23:40
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Localisation: Vendée
nadya a écrit:

Superbe chanson et LE clip minimaliste par excellence. Revigorant.

i love you x 1001.

Nicole.


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