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Message non luPosté: 06 Juil 2010, 08:31 
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Dans les quartiers

La bande du Fouquet'S fait encore parler d'elle
Une vieille dame aurait ete rackettée et délestée de somme importante par les deux chefs de la bande.
Un certain Ahmed ben Wurtz et son comparse Samir surnommé nico les bagouses

Les deux individus connus des services de police sont actuellement recherchés
Ils auraient trouvé refuge chez une fan de la bande résident en région bordelaise.

Les honnêtes citoyens réclament que soient mis fin aux agissement de tels individus qui propagent la peur et l'insécurité dans nos cités.

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«Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme c'est la peau.» [ Paul Valéry ]
«Courage is contagious» [ Julian Assange - WikiLeaks ]
«L’homme ne doit pas tenter de dissiper l’ambiguïté de son être mais au contraire accepter de la réaliser.» [ Simone de Beauvoir ]


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Message non luPosté: 06 Juil 2010, 08:41 
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je pensais qu'il était déjà midi chez toi nad, j'avais pas capito du premier coup mdr mdr Excellent le wurt mdr

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" on ne peut pas rattraper le temps perdu mais on peut arrêter de perdre son temps "


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Message non luPosté: 06 Juil 2010, 09:22 
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Localisation: Au pays des tielles et du mistral gagnant
J'adore ton sens de l'humour Nataschas
Beaucoup se prennent tant au sérieux qu'il n'oseraient pas jouer avec leur image comme tu le fait
C'est des candidats rêvés d'après les psychologues aux troubles psychiatriques, a la paranoïa et a la victimisation.
D'ailleurs ils votent souvent sarko ces chers constipés de l'humour ..

Ne pas se prendre au serieux et la capacité de se remettre en question c'est bon pour la tête FLF

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Message non luPosté: 06 Juil 2010, 10:08 
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FLF

bise

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Message non luPosté: 06 Juil 2010, 10:09 
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il faut que ils demissione Nico les bagouses comme sa le wurtz seras innocenter :idea: 8)

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Je pressens tout ce qui m’entoure, mon âme d’enfant est une grande excitée.
Je crie ma liberté cueillie en cette vie flamboyante, j’en suis émerveillé.
des peurs.
J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre.


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Message non luPosté: 06 Juil 2010, 13:40 
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Quand je pense que c'est ce président lui même qui voulait "nettoyer au karsher" certaines banlieu, en les vidant de leur "racailles", mais faudrait déjà qu'il commence alors par "karsheriser" le gouvernement, car j'ai rarement vu autant de magouilles et de pourritures, dans un gouvernement comme c'est le cas avec celui çi, c'est de pire en pire, je suis sidérée, et honteuse d'avoir eu une carte UMP!

Célia :roll:


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Message non luPosté: 06 Juil 2010, 15:04 
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Moi je veux la Voynet ou l'héritier des Capet!

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Desperate a écrit:
Quand je pense que c'est ce président lui même qui voulait "nettoyer au karsher" certaines banlieu, en les vidant de leur "racailles", mais faudrait déjà qu'il commence alors par "karsheriser" le gouvernement, car j'ai rarement vu autant de magouilles et de pourritures, dans un gouvernement comme c'est le cas avec celui çi, c'est de pire en pire, je suis sidérée, et honteuse d'avoir eu une carte UMP!

Célia :roll:

est pour tant ceux est celles qui lui on conu comme ministre de l'interieur non pas esiter a voter pour" Msr parce-que je le veux bien "

trop tard Célia vivement 2012 :mrgreen:

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Message non luPosté: 06 Juil 2010, 15:49 
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Alexia a écrit:
Desperate a écrit:
Quand je pense que c'est ce président lui même qui voulait "nettoyer au karsher" certaines banlieu, en les vidant de leur "racailles", mais faudrait déjà qu'il commence alors par "karsheriser" le gouvernement, car j'ai rarement vu autant de magouilles et de pourritures, dans un gouvernement comme c'est le cas avec celui çi, c'est de pire en pire, je suis sidérée, et honteuse d'avoir eu une carte UMP!

Célia :roll:

est pour tant ceux est celles qui lui on conu comme ministre de l'interieur non pas esiter a voter pour" Msr parce-que je le veux bien "

trop tard Célia vivement 2012 :mrgreen:



Nicolas Sarkozy a à plusieurs reprises, et ce depuis 1998, rappelé son intention de récupérer les électeurs du Front national[N 10]. Nicolas Sarkozy dénonce parallèlement les positions du Front national, comme lors de son débat avec Jean-Marie Le Pen lors de l'émission 100 minutes pour convaincre, diffusé sur France 2, où il affirme son opposition avec les « idées d'extrême droite ». Des personnalités politiques de l'opposition lui reprochent de vouloir s'attirer l'électorat du Front national. Ainsi, Jack Lang affirme que « Nicolas Sarkozy est un républicain, à la différence de Le Pen » mais parle de « dérive “paraxénophobe” ». De la même façon, Act Up ou les Guignols de l'info présentent médiatiquement l'ex-ministre de l'Intérieur et Jean-Marie Le Pen sur un pied d'égalité. Ainsi, en janvier 2006, l'association Act Up publie des affiches[176] comportant la photographie de Nicolas Sarkozy et le slogan « Votez Le Pen ».

Le collectif Ré-So, qui s'affiche publiquement contre Nicolas Sarkozy, estime dans un article[177] que plusieurs points du programme du Front national ont déjà été appliqués par Nicolas Sarkozy lors de ses mandats ministériels. Il s'agit de points comme la coopération étroite entre la police et la justice, la facilitation des contrôles d'identité, l'instauration d'une période probatoire pour tous les mariages mixtes et l'expulsion effective des immigrés clandestins. Certaines de ces mesures étaient déjà effectives mais ont été renforcées.

Certaines autres de ses mesures et positions sont critiquées par Jean-Marie Le Pen : réforme de la double peine, prise de position en faveur de la discrimination positive, du financement public de mosquées et de quotas d'immigration, positions que le Front national combat[178]. Nicolas Sarkozy s'est également prononcé en faveur du droit de vote des résidents étrangers, en situation régulière et présents depuis au moins dix ans sur le territoire français, aux élections locales. Il a par ailleurs encouragé la nomination d'un « préfet musulman », Aïssa Dermouche, nommé préfet du Jura.

Le pourcentage de votes pour l'extrême droite a ainsi reculé, pour la première fois dans une élection présidentielle depuis 1988, de 19,20 % (FN+MNR) en 2002 à 10,44 % (FN uniquement) en 2007. Françoise Fressoz dans Les Échos observe qu'« on le doit en partie à la stratégie du président de l'UMP[179] ».

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Message non luPosté: 06 Juil 2010, 19:41 
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maintenant il passe pour une victime :roll: ce woerth au lieu de démissionner ..en plus comme la droite italienne c'est toujours la faute de la gauche :roll:

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le trop de quelque chose est un manque de quelque chose...
Si tu n'as pas le temps,c'est que tu es dèjà mort...


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Message non luPosté: 07 Juil 2010, 07:49 
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Leila a écrit:
maintenant il passe pour une victime :roll: ce woerth au lieu de démissionner ..en plus comme la droite italienne c'est toujours la faute de la gauche :roll:


Qu'il démissionne ou pas de toute façons malheureusement ça ne changera riens du tout , de droite comme de gauche il y a toujours eu des corrompus et des profiteurs , et il y en aura encore,...mais nous à notre niveau qu'il démissionne ou pas ça n'aura aucune incidence sur notre niveau de vie , ça aurai juste une valeur symbolique...et encore :roll:


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Message non luPosté: 07 Juil 2010, 09:29 
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L''homme-taupe est le seul que Sarkozy ne peut pas congédier vu ses connaissances poussées dans la trésorerie UMP.

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 11:58 
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Sarkozy parle d'acharnement à l'encontre de son recolteur de fond
on pleurerai presque
on lui enverrai presque un peu de sous sur nos RMI pour l'aider a ce pauvre, brave et honnete homme.

Sarkozy oublie que c'etait pourtant lui même qui accablais Chirac a une epoque envoyant aux journaliste des infos les plus croustillantes pour faire tomber le vieux chef.
Que c'etait lui qui voulait dans l'affaire Clearstream pendre a un croc de boucher son rival avant même le jugement.
Que c'était lui qui traitait de coupable Colonna avant meme son jugement

Ou etait la présomption d'innocence ?
Colonna, Chirac et Villepin en ont t'il bénéficié en leur temps ?
Aujourd'hui quand la bande du Fouquets se fais attraper la main dans le sac il faudrait l'appliquer !

Qu'on s'appelle Boris, Ahmed, Jacque, Nicolas, eric, quand on se comporte de façon malhonnête ou peu citoyenne ont doit être jugé
Et c'est l'honneur d'une démocratie que d'avoir des journaliste courageux

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Yo ! toi compris ?



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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 12:32 
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Ca existe ça? Des journalistes courageux? j'ai eu beau pratiquer ce métier durant quelques années, j'en ai pas rencontré. Surtout des lèches bottes ou des opportunistes... En tout cas dans la presse classique généraliste. Et pour l'instant, les journalistes intègres et courageux sont encore plus rares qu'avant. Ca fait longtemps qu'on leur a expliqué que le travail bien fait coûtait beaucoup trop cher et prenait beaucoup trop de temps... Et surtout qu'il fallait pas déranger untel et descendre plutôt untel autre... Et puis, que de toutes façons on ne choisissait pas ses sujets de reportage mais que c'est "l'actualité" qui décidait... Enfin bon... petite expérience du métier.

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 12:37 
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Tu étais journaliste dans la presse écrite?

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 12:39 
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Oui, durant sept ans. maintenant, j'écris des bouquins. mais je continue à aimer ce métier, malgré les apparences.

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 12:43 
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En fait, j'ai du m'arrêter quand ma transition a commencé à me prendre trop d'énergie. tellement de difficultés à affronter. Et puis des expériences à vivre ailleurs. Mais maintenant, je recommencerais bien. je me dis parfois. Même si je pratique toujours le journalisme à travers l'écriture de bouquins... En tous cas, j'en utilise certaines techniques. C'est un métier que je garde dans la peau.

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Et puis, je suis aussi animatrice. Plus spécialisée dans les relations interculturelles. Et aide-soignante. J'ai travaillé aussi un peu comme jardinière (pas le pot, le travail :) ). Et bon, il faut que je mette un peu d'ordre dans tout ça pour un peu me relancer. A l'heure actuelle. Parce que les bouquins, ça prend énormément de temps à écrire et donc à rapporter des soussous. J'en ai écrit un, qui traîne dans un tiroir, mais qui est terminé. Je devrais chercher un éditeur. Le deuxième est sur le métier... Voilà, voilà. petite présentation professionnelle. des fois qu'un mécène admiratif passerait par là... on peut toujours rêver.. :roll: :roll: :roll:

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Sans bribes de ton style littéraire pour illustrer, ça risque d'être dur... :wink:

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Tu en veux une bribes?

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 13:44 
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Les journalistes sont paris mais restent les médias.

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Ben oui! :D

(Mais tu n'as droit à aucune faute d'orthographe, ici on est chez Pivot!) :lol:

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 13:45 
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Healing_Heather a écrit:
Les journalistes sont paris mais restent les médias.



Oui, ils sont "paris"! C'est sûr! :lol:

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 14:00 
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Bon voilà une bribe. c'est déjà un vieux truc que j'ai publié. un court texte. mais bon, le sujet pourrait vous intéresser. A noter qyue c'est paru dans un journal catho. Mais c'est difficile de choisir les bribes, y'en a trop... bon je m'y dévoile un peu, mais bon... Je vais voir après une autre bribe...



L’audace d’exister

Je dispose les côtes d’agneau fraîches sur la poêle brûlante. Un grésillement vif se mêle à celui des pommes de terres sautées. J’arrose de vinaigrette des feuilles de salades croquantes posées sur mon assiette, avant d’y coucher les morceaux d’une viande délicatement rosée. Je trempe mes lèvres dans un verre de vin blanc frais, j’avale les premières bouchées d’un repas sélectionné. Il y a des jours où la vie semble véritablement se dérouler comme un tapis rouge. Et puis d’autres où je n’arrive pas même à aligner les premiers mots d’un texte. Depuis le matin je tourne en rond, changeant de lieu en espérant y dénicher, dans chacun d’entre eux, l’inspiration. Je ne la trouve nulle part, ni sous les coussins des divans, ni dans les géraniums du jardin. Honnêtement, ce repas soigneusement mitonné n’existe que dans mon imaginaire. Seule demeure la bouteille de blanc sec, espagnol, que je viens de me procurer en errant dans les rues du quartier. Pas mauvais, tout de même. Mais à force de trop vouloir composer son menu…

J’aurais voulu écrire sur le réchauffement climatique et ces migrants dont on voit les images dans les médias. Qu’on découvre échoués, parfois vifs ou parfois morts, sur les plages méditerranéennes. Sur le crack boursier et la fin de l’illusion néolibérale. Sur l’absurdité de la course à la productivité et les limites du matérialisme. Sur les églises qui se vident face à un clergé souvent désemparé et la fin de la domination occidentale sur le monde. Sur ce siècle, déstabilisant, qui nous forcera tôt ou (trop?) tard à nous changer. A quitter le confort des certitudes pour nous réinventer. Mais a-t-on du mérite à enfoncer des portes ouvertes? A rabâcher des vérités, aussi difficiles soient-elles à admettre, que tout le monde connait déjà? Des spectateurs admirent-ils un trapéziste qui descend de son mât pour exposer, en théorie, l’art du lâcher prise? S’il ne s’élance pas dans la peur et ne réalise pas une formidable pirouette, de préférence sans filet, pour reprendre pied à l’autre extrémité du cirque, le chapiteau ne vibrera jamais sous un tonnerre d’applaudissements. L’artiste n’aura plus qu’à regagner sa roulotte pour, en se démaquillant, contempler sa lâcheté dans un miroir. Comment, sans audace, sauter dans le vide et susciter l’admiration?

Je retrempe mes lèvres dans mon verre, comme une condamnée fume sa dernière cigarette. Petite, j’ai préféré baisser les yeux et porter le poids de la culpabilité. Ne pas dénoncer le crime de peur d’être rejetée par ma famille. J’ai préféré me noyer dans la honte et, surtout, ne jamais refaire surface. Grandissant hors de moi-même et de ma vérité, tentant d’ajuster mes gestes aux exigences de mon entourage. Etrangère à ma vie, aveugle à ma destinée. Comme guidée par les fils d’un cruel marionnettiste qui prolongerait indéfiniment le spectacle. Jamais je ne suis entrée dans ma roulotte pour me débarbouiller: j’espérais que le miroir se couvre définitivement de poussières. Privée de reflets, je n’ai pas vu mon public se clairsemer, mon chapiteau s’user par la force du temps, le vent souffler à travers la toile déchirée. Quand mon cirque a menacé de s’effondrer, j’ai ouvert les yeux sur des travées de sièges inhospitaliers pour pleurer ma solitude. Celle d’une enfant violée qui croyait, à tout jamais, son innocence perdue.

Je sors de l’arène pour traverser la nuit à la lueur de la lune et des étoiles. Je découvre que seule, sans public, j’arrive aussi à me diriger. Pas à pas, les secondes me rapprochent de l’aube où le soleil ranime les couleurs. Observant des multitudes d’insectes et la diversité des chants d’oiseaux, je découvre ma liberté d‘exister. Quand un ami pénètre dans la pièce, je savoure une dernière gorgée de vin: « Alors, puce! Tu l’as pondu ton texte? » En lui versant un verre, je retrouve l’appétit de vivre: « Oui. Je vais, enfin, pouvoir aller manger. »

Texte: Linda Mondry

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 14:05 
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Ca c'est l'introduction du bouquin que je suis en train d'écrire... Le sujet c'est l'aspect magique de bruxelles.

1.

Il y a la ville. Et ses bandes de bitume. Ses trottoirs dallés ou, parfois, pavés. Il y a les monuments de pierres, les maisons de briques et les immeubles de béton, d’acier et de verre. Je quitte le ciel ouvert pour pénétrer dans une galerie commerçante, je glisse mon regard le long des rayons d’une grande surface. Je retrouve l’air vicié et la circulation effrénée des véhicules, les hurlements intempestifs des sirènes policières. Je plonge dans une bouche de métro, le couloir souterrain atténuant les bruits de moteurs pour amplifier une multitude de claquements de talons. J’évolue, à toute allure, dans la noirceur d’un tunnel, je contemple mes ombres entre vitres et éclairages aux néons. Posant ma main sur la poignée métallique d’ouverture des portes, quelques secondes plus loin, j’évade mes pupilles sur les arbres d’un parc citadin. Je m’assieds sur les lattes en bois d’un banc pour laisser respirer mon âme. Je sens les effluves vertes d’un bouquet de buissons, la caresse froide d’une brise d’hiver. Je baisse les paupières et, quelques instants, je laisse dépérir mes pensées pour m’évanouir dans le silence.

Il n’y a que le bruissement des feuilles effleurées par le vent. L’écorce rude des arbres, les plaines herbeuses et la profondeur des forêts. Des rivières et des sources qui s’écoulent. La difficulté à dénicher un abri lorsque les intempéries me surprennent. Il y a, partout, des animaux dont j’ai oublié jusqu’à la forme. Des paysages immenses dont je peine à me remémorer l’existence. Une sauvagerie originelle traversée par quelques rares groupes humains à l’affût d’innombrables dangers. La survie qui les accable et, au moment du repos, la recherche d’un souffle de paix. J’écarquille les yeux: comment ces premiers hommes auraient-ils pu imaginer traverser le futur territoire de Bruxelles? Et à quels endroits, aujourd’hui, se reposaient-ils? Arpentaient-ils la place de Brouckère? Se délassaient-ils sur l’avenue de la Toison d’or? Allumaient-ils des feux sur la Grand place? Aiguisaient-ils leurs armes sur le parvis de la cathédrale Ste Gudule? Enterraient-ils leurs morts aux portes du palais royal? Je contemple le bruit strident d’un avion de ligne perçant le ciel, je laisse mes yeux contourner les toits pour les reposer juste devant mes pieds. En détaillant le sol, je m’avoue n’en savoir fichtrement rien. Ces lieux ont pourtant bel et bien existé et peut-être, moi aussi, je pourrais m’y ressourcer. Peut-être pourrais-je toujours danser avec les hommes préhistoriques sur la place de la Monnaie ou hurler par-dessus le Mont des Arts avec les gaulois.

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 14:13 
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Et puis dernière bribes (vous devez déjà être toutes assomée). les deux premiers paragraphes de mon premier bouquin. Autobiographique, celui là. Bon, je sais aussi écrire des trucs plus rigolos, rassurez vous. Le titre c'est Aqualinda. merci de votre patience.




Depuis toujours, elle m’accompagne. Constamment présente, même si je ne peux que l’effleurer. Tentant de saisir une ombre, espérant toucher la légèreté, butant contre la dureté de la réalité. Fuyant son esprit, c’est elle qui vient me tourmenter. Pénétrant, sans relâche, les plus intimes fissures de mon être. Si une réconciliation éphémère semble se produire, la plénitude intense se mue aussitôt en une effroyable étreinte. Me racrapotant de douleur et de plaisir face à l’angoisse si puissante de pénétrer un sentiment si profond. Je me réfugie alors le plus loin possible de cette vérité. Dans l’ignorance complète, l’inconscience la plus rassurante.

Je l’ai aperçue telle un courant pénétrant le cœur de mon existence et j’ai compris que je devrais me laisser emporter. Hormis quelques poussées d’adrénaline, quelques élans sans lendemain engendrant une existence morte subite, je n’aurais jamais su découvrir aucun moyen d’avancer. Son regard brillait d’une vie incommensurable, pourquoi s’attacherait-elle à mes yeux éteints ? Brièvement, peut-être, mes pupilles s’étaient mises à s’illuminer. Une sensation infinie ouvrant sur le mystère, la certitude de ne pas se tromper: j’ai désiré plonger en elle, elle s’est noyée en moi. Elle m’a demandé de baisser les yeux pour regarder au travers de l’eau. J’ai admiré les reflets du soleil sur les vaguelettes scintillantes, refusant d’observer davantage en profondeur. Alors, elle a poussé sur mes épaules, enfonçant légèrement mon corps sous la surface. Je me suis débattu, agitant les membres, raclant le fond de ma gorge tout en lançant des cris muets. Finissant par baisser les bras, j’ai laissé pénétrer un filet de liquide dans ma bouche entrouverte, comme englouti par une crue de crainte. Elle, entourant mon angoisse d‘un flux d’oxygène indispensable à la vie, usait de sa présence comme d’une bouée. Alors, sans savoir si l’eau possédait même un fond, j’ai fini par me laisser couler. Chevillé à son corps, à son être, à son amour. J’ai commencé à ciller des yeux, essayant de pénétrer l’opacité de la vase. Elle m’apprit à respirer au sein de l’élément aqueux en me laissant, lorsque mes poumons s’engorgeaient, reprendre souffle à travers la brillance ondulée de la surface. Au fil du temps, des bulles infimes de confiance s’immiscèrent entre les pores de ma peau. Me permettant de me retourner et de regarder vers le bas: de la tiédeur verte, elle me dirigea doucement vers la froideur des eaux noires, tellement plus profondes.

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joanadeparis a écrit:
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J'ai zapé les quelques lignes qui suivait les deux premières. :oops:

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Merci Nadia, olivia. je prétend pas plaire à tout le monde, évidemment. j'suis pas encore tout à fait folle...

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Linda jam a écrit:
Bon voilà une bribe. c'est déjà un vieux truc que j'ai publié. un court texte. mais bon, le sujet pourrait vous intéresser. A noter qyue c'est paru dans un journal catho. Mais c'est difficile de choisir les bribes, y'en a trop... bon je m'y dévoile un peu, mais bon... Je vais voir après une autre bribe...



L’audace d’exister

Je dispose les côtes d’agneau fraîches sur la poêle brûlante. Un grésillement vif se mêle à celui des pommes de terres sautées. J’arrose de vinaigrette des feuilles de salades croquantes posées sur mon assiette, avant d’y coucher les morceaux d’une viande délicatement rosée. Je trempe mes lèvres dans un verre de vin blanc frais, j’avale les premières bouchées d’un repas sélectionné. Il y a des jours où la vie semble véritablement se dérouler comme un tapis rouge. Et puis d’autres où je n’arrive pas même à aligner les premiers mots d’un texte. Depuis le matin je tourne en rond, changeant de lieu en espérant y dénicher, dans chacun d’entre eux, l’inspiration. Je ne la trouve nulle part, ni sous les coussins des divans, ni dans les géraniums du jardin. Honnêtement, ce repas soigneusement mitonné n’existe que dans mon imaginaire. Seule demeure la bouteille de blanc sec, espagnol, que je viens de me procurer en errant dans les rues du quartier. Pas mauvais, tout de même. Mais à force de trop vouloir composer son menu…

J’aurais voulu écrire sur le réchauffement climatique et ces migrants dont on voit les images dans les médias. Qu’on découvre échoués, parfois vifs ou parfois morts, sur les plages méditerranéennes. Sur le crack boursier et la fin de l’illusion néolibérale. Sur l’absurdité de la course à la productivité et les limites du matérialisme. Sur les églises qui se vident face à un clergé souvent désemparé et la fin de la domination occidentale sur le monde. Sur ce siècle, déstabilisant, qui nous forcera tôt ou (trop?) tard à nous changer. A quitter le confort des certitudes pour nous réinventer. Mais a-t-on du mérite à enfoncer des portes ouvertes? A rabâcher des vérités, aussi difficiles soient-elles à admettre, que tout le monde connait déjà? Des spectateurs admirent-ils un trapéziste qui descend de son mât pour exposer, en théorie, l’art du lâcher prise? S’il ne s’élance pas dans la peur et ne réalise pas une formidable pirouette, de préférence sans filet, pour reprendre pied à l’autre extrémité du cirque, le chapiteau ne vibrera jamais sous un tonnerre d’applaudissements. L’artiste n’aura plus qu’à regagner sa roulotte pour, en se démaquillant, contempler sa lâcheté dans un miroir. Comment, sans audace, sauter dans le vide et susciter l’admiration?

Je retrempe mes lèvres dans mon verre, comme une condamnée fume sa dernière cigarette. Petite, j’ai préféré baisser les yeux et porter le poids de la culpabilité. Ne pas dénoncer le crime de peur d’être rejetée par ma famille. J’ai préféré me noyer dans la honte et, surtout, ne jamais refaire surface. Grandissant hors de moi-même et de ma vérité, tentant d’ajuster mes gestes aux exigences de mon entourage. Etrangère à ma vie, aveugle à ma destinée. Comme guidée par les fils d’un cruel marionnettiste qui prolongerait indéfiniment le spectacle. Jamais je ne suis entrée dans ma roulotte pour me débarbouiller: j’espérais que le miroir se couvre définitivement de poussières. Privée de reflets, je n’ai pas vu mon public se clairsemer, mon chapiteau s’user par la force du temps, le vent souffler à travers la toile déchirée. Quand mon cirque a menacé de s’effondrer, j’ai ouvert les yeux sur des travées de sièges inhospitaliers pour pleurer ma solitude. Celle d’une enfant violée qui croyait, à tout jamais, son innocence perdue.

Je sors de l’arène pour traverser la nuit à la lueur de la lune et des étoiles. Je découvre que seule, sans public, j’arrive aussi à me diriger. Pas à pas, les secondes me rapprochent de l’aube où le soleil ranime les couleurs. Observant des multitudes d’insectes et la diversité des chants d’oiseaux, je découvre ma liberté d‘exister. Quand un ami pénètre dans la pièce, je savoure une dernière gorgée de vin: « Alors, puce! Tu l’as pondu ton texte? » En lui versant un verre, je retrouve l’appétit de vivre: « Oui. Je vais, enfin, pouvoir aller manger. »

Texte: Linda Mondry



On dirait de la prose... Ca me fait penser à Une saison en enfer de Rimbaud & au Loup des steppes de Hermann Hesse.

Un vrai talent pour la prose dans ce premier essai, plus que pour un style journalistique, à moins qu'on le lit sous l'éclairage d'une
chronique.

bravo

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 15:27 
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Linda jam a écrit:
Ca c'est l'introduction du bouquin que je suis en train d'écrire... Le sujet c'est l'aspect magique de bruxelles.

1.

Il y a la ville. Et ses bandes de bitume. Ses trottoirs dallés ou, parfois, pavés. Il y a les monuments de pierres, les maisons de briques et les immeubles de béton, d’acier et de verre. Je quitte le ciel ouvert pour pénétrer dans une galerie commerçante, je glisse mon regard le long des rayons d’une grande surface. Je retrouve l’air vicié et la circulation effrénée des véhicules, les hurlements intempestifs des sirènes policières. Je plonge dans une bouche de métro, le couloir souterrain atténuant les bruits de moteurs pour amplifier une multitude de claquements de talons. J’évolue, à toute allure, dans la noirceur d’un tunnel, je contemple mes ombres entre vitres et éclairages aux néons. Posant ma main sur la poignée métallique d’ouverture des portes, quelques secondes plus loin, j’évade mes pupilles sur les arbres d’un parc citadin. Je m’assieds sur les lattes en bois d’un banc pour laisser respirer mon âme. Je sens les effluves vertes d’un bouquet de buissons, la caresse froide d’une brise d’hiver. Je baisse les paupières et, quelques instants, je laisse dépérir mes pensées pour m’évanouir dans le silence.

Il n’y a que le bruissement des feuilles effleurées par le vent. L’écorce rude des arbres, les plaines herbeuses et la profondeur des forêts. Des rivières et des sources qui s’écoulent. La difficulté à dénicher un abri lorsque les intempéries me surprennent. Il y a, partout, des animaux dont j’ai oublié jusqu’à la forme. Des paysages immenses dont je peine à me remémorer l’existence. Une sauvagerie originelle traversée par quelques rares groupes humains à l’affût d’innombrables dangers. La survie qui les accable et, au moment du repos, la recherche d’un souffle de paix. J’écarquille les yeux: comment ces premiers hommes auraient-ils pu imaginer traverser le futur territoire de Bruxelles? Et à quels endroits, aujourd’hui, se reposaient-ils? Arpentaient-ils la place de Brouckère? Se délassaient-ils sur l’avenue de la Toison d’or? Allumaient-ils des feux sur la Grand place? Aiguisaient-ils leurs armes sur le parvis de la cathédrale Ste Gudule? Enterraient-ils leurs morts aux portes du palais royal? Je contemple le bruit strident d’un avion de ligne perçant le ciel, je laisse mes yeux contourner les toits pour les reposer juste devant mes pieds. En détaillant le sol, je m’avoue n’en savoir fichtrement rien. Ces lieux ont pourtant bel et bien existé et peut-être, moi aussi, je pourrais m’y ressourcer. Peut-être pourrais-je toujours danser avec les hommes préhistoriques sur la place de la Monnaie ou hurler par-dessus le Mont des Arts avec les gaulois.



Alors, là on est plus du côté de Moderato Cantabile de Marguerite Duras. Tu dois avoir une belle culture littéraire... Bravo! bravo

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 15:29 
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Linda jam a écrit:
Et puis dernière bribes (vous devez déjà être toutes assomée). les deux premiers paragraphes de mon premier bouquin. Autobiographique, celui là. Bon, je sais aussi écrire des trucs plus rigolos, rassurez vous. Le titre c'est Aqualinda. merci de votre patience.




Depuis toujours, elle m’accompagne. Constamment présente, même si je ne peux que l’effleurer. Tentant de saisir une ombre, espérant toucher la légèreté, butant contre la dureté de la réalité. Fuyant son esprit, c’est elle qui vient me tourmenter. Pénétrant, sans relâche, les plus intimes fissures de mon être. Si une réconciliation éphémère semble se produire, la plénitude intense se mue aussitôt en une effroyable étreinte. Me racrapotant de douleur et de plaisir face à l’angoisse si puissante de pénétrer un sentiment si profond. Je me réfugie alors le plus loin possible de cette vérité. Dans l’ignorance complète, l’inconscience la plus rassurante.

Je l’ai aperçue telle un courant pénétrant le cœur de mon existence et j’ai compris que je devrais me laisser emporter. Hormis quelques poussées d’adrénaline, quelques élans sans lendemain engendrant une existence morte subite, je n’aurais jamais su découvrir aucun moyen d’avancer. Son regard brillait d’une vie incommensurable, pourquoi s’attacherait-elle à mes yeux éteints ? Brièvement, peut-être, mes pupilles s’étaient mises à s’illuminer. Une sensation infinie ouvrant sur le mystère, la certitude de ne pas se tromper: j’ai désiré plonger en elle, elle s’est noyée en moi. Elle m’a demandé de baisser les yeux pour regarder au travers de l’eau. J’ai admiré les reflets du soleil sur les vaguelettes scintillantes, refusant d’observer davantage en profondeur. Alors, elle a poussé sur mes épaules, enfonçant légèrement mon corps sous la surface. Je me suis débattu, agitant les membres, raclant le fond de ma gorge tout en lançant des cris muets. Finissant par baisser les bras, j’ai laissé pénétrer un filet de liquide dans ma bouche entrouverte, comme englouti par une crue de crainte. Elle, entourant mon angoisse d‘un flux d’oxygène indispensable à la vie, usait de sa présence comme d’une bouée. Alors, sans savoir si l’eau possédait même un fond, j’ai fini par me laisser couler. Chevillé à son corps, à son être, à son amour. J’ai commencé à ciller des yeux, essayant de pénétrer l’opacité de la vase. Elle m’apprit à respirer au sein de l’élément aqueux en me laissant, lorsque mes poumons s’engorgeaient, reprendre souffle à travers la brillance ondulée de la surface. Au fil du temps, des bulles infimes de confiance s’immiscèrent entre les pores de ma peau. Me permettant de me retourner et de regarder vers le bas: de la tiédeur verte, elle me dirigea doucement vers la froideur des eaux noires, tellement plus profondes.



Ici, on rentre dans l'intimité, et on se rapproche de l'idée d'un journal intime, aux effluves poétiques. Je pense à Christian Bobin ou Rainer Maria Rilke en lisant ces quelques lignes... :D

bravo

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 15:30 
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Ok j'aurais pas du les zaper. Je m'excuse Linda Jam de n'avoir pas pris le temps et la passion de lire ce que tu as pris la peine de nous présenter. veneration
Ce n'es pas une question de plaire ou de ne pas plaire, je t'assure.

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Excuse-moi si je cite des références littéraires, mais ma sensibilité me presse vers certains auteurs. Mais rassure-toi, j'ai comparé pour célébrer la noblesse de tes mots... :oops:

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ben c'est rien néo. Tu sais, je connais plein de gens qui détestent lire. y'a pas d'obligation. Et merci rebbie. Tu crois pas que t'exagères un peu sur les références? Passqu'avec les noms glorieux que tu me sers, je risque de rentrer sous terre... ca te plais à ce point? Toi aussi t'as l'air d'avoir une fameuse culture littéraire. en fait, moi, j'en ai très peu. je ne lis pas beaucoup d'ailleurs. mais écrire est le seule chose que je crois savoir un peu faire... et je dévie de plus en plus vers un travail d'écrivain... C'est un truc où j'ai toujours eu assez facile... Tu crois que c'est publiable, un style pareil?

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Linda jam a écrit:
Bon voilà une bribe. c'est déjà un vieux truc que j'ai publié. un court texte. mais bon, le sujet pourrait vous intéresser. A noter qyue c'est paru dans un journal catho. Mais c'est difficile de choisir les bribes, y'en a trop... bon je m'y dévoile un peu, mais bon... Je vais voir après une autre bribe...



L’audace d’exister

Je dispose les côtes d’agneau fraîches sur la poêle brûlante. Un grésillement vif se mêle à celui des pommes de terres sautées. J’arrose de vinaigrette des feuilles de salades croquantes posées sur mon assiette, avant d’y coucher les morceaux d’une viande délicatement rosée. Je trempe mes lèvres dans un verre de vin blanc frais, j’avale les premières bouchées d’un repas sélectionné. Il y a des jours où la vie semble véritablement se dérouler comme un tapis rouge. Et puis d’autres où je n’arrive pas même à aligner les premiers mots d’un texte. Depuis le matin je tourne en rond, changeant de lieu en espérant y dénicher, dans chacun d’entre eux, l’inspiration. Je ne la trouve nulle part, ni sous les coussins des divans, ni dans les géraniums du jardin. Honnêtement, ce repas soigneusement mitonné n’existe que dans mon imaginaire. Seule demeure la bouteille de blanc sec, espagnol, que je viens de me procurer en errant dans les rues du quartier. Pas mauvais, tout de même. Mais à force de trop vouloir composer son menu…

J’aurais voulu écrire sur le réchauffement climatique et ces migrants dont on voit les images dans les médias. Qu’on découvre échoués, parfois vifs ou parfois morts, sur les plages méditerranéennes. Sur le crack boursier et la fin de l’illusion néolibérale. Sur l’absurdité de la course à la productivité et les limites du matérialisme. Sur les églises qui se vident face à un clergé souvent désemparé et la fin de la domination occidentale sur le monde. Sur ce siècle, déstabilisant, qui nous forcera tôt ou (trop?) tard à nous changer. A quitter le confort des certitudes pour nous réinventer. Mais a-t-on du mérite à enfoncer des portes ouvertes? A rabâcher des vérités, aussi difficiles soient-elles à admettre, que tout le monde connait déjà? Des spectateurs admirent-ils un trapéziste qui descend de son mât pour exposer, en théorie, l’art du lâcher prise? S’il ne s’élance pas dans la peur et ne réalise pas une formidable pirouette, de préférence sans filet, pour reprendre pied à l’autre extrémité du cirque, le chapiteau ne vibrera jamais sous un tonnerre d’applaudissements. L’artiste n’aura plus qu’à regagner sa roulotte pour, en se démaquillant, contempler sa lâcheté dans un miroir. Comment, sans audace, sauter dans le vide et susciter l’admiration?

Je retrempe mes lèvres dans mon verre, comme une condamnée fume sa dernière cigarette. Petite, j’ai préféré baisser les yeux et porter le poids de la culpabilité. Ne pas dénoncer le crime de peur d’être rejetée par ma famille. J’ai préféré me noyer dans la honte et, surtout, ne jamais refaire surface. Grandissant hors de moi-même et de ma vérité, tentant d’ajuster mes gestes aux exigences de mon entourage. Etrangère à ma vie, aveugle à ma destinée. Comme guidée par les fils d’un cruel marionnettiste qui prolongerait indéfiniment le spectacle. Jamais je ne suis entrée dans ma roulotte pour me débarbouiller: j’espérais que le miroir se couvre définitivement de poussières. Privée de reflets, je n’ai pas vu mon public se clairsemer, mon chapiteau s’user par la force du temps, le vent souffler à travers la toile déchirée. Quand mon cirque a menacé de s’effondrer, j’ai ouvert les yeux sur des travées de sièges inhospitaliers pour pleurer ma solitude. Celle d’une enfant violée qui croyait, à tout jamais, son innocence perdue.

Je sors de l’arène pour traverser la nuit à la lueur de la lune et des étoiles. Je découvre que seule, sans public, j’arrive aussi à me diriger. Pas à pas, les secondes me rapprochent de l’aube où le soleil ranime les couleurs. Observant des multitudes d’insectes et la diversité des chants d’oiseaux, je découvre ma liberté d‘exister. Quand un ami pénètre dans la pièce, je savoure une dernière gorgée de vin: « Alors, puce! Tu l’as pondu ton texte? » En lui versant un verre, je retrouve l’appétit de vivre: « Oui. Je vais, enfin, pouvoir aller manger. »

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Je pressens tout ce qui m’entoure, mon âme d’enfant est une grande excitée.
Je crie ma liberté cueillie en cette vie flamboyante, j’en suis émerveillé.
des peurs.
J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre.


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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 15:52 
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Bien sûr! Ca me fait penser aux publications des Editions du Rocher et des Editions L'Harmattan. Mais pense à "protéger" tes écritures avant de leur envoyer un quelconque manuscrit! :wink:

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Linda jam a écrit:
Je retrempe mes lèvres dans mon verre, comme une condamnée fume sa dernière cigarette. Petite, j’ai préféré baisser les yeux et porter le poids de la culpabilité. Ne pas dénoncer le crime de peur d’être rejetée par ma famille. J’ai préféré me noyer dans la honte et, surtout, ne jamais refaire surface. Grandissant hors de moi-même et de ma vérité, tentant d’ajuster mes gestes aux exigences de mon entourage. Etrangère à ma vie, aveugle à ma destinée. Comme guidée par les fils d’un cruel marionnettiste qui prolongerait indéfiniment le spectacle. Jamais je ne suis entrée dans ma roulotte pour me débarbouiller: j’espérais que le miroir se couvre définitivement de poussières. Privée de reflets, je n’ai pas vu mon public se clairsemer, mon chapiteau s’user par la force du temps, le vent souffler à travers la toile déchirée. Quand mon cirque a menacé de s’effondrer, j’ai ouvert les yeux sur des travées de sièges inhospitaliers pour pleurer ma solitude. Celle d’une enfant violée qui croyait, à tout jamais, son innocence perdue.


J'ai aimé ce passage après avoir finalement pris la peine de lui rendre hommage en te lisant Linda.

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 15:55 
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Oui, je l'ai fait. En tous cas pour le premier et troisième texte. pas de danger. Mon problème, c'est que je ne connais rien au monde de l'édition. c'est tout un boulot pour moi d'apprendre... je sais même pas où les envoyer... le monde de la presse et des médias, je connais bien. mais celui de l'écriture...

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 15:56 
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Rebbie a écrit:
Bien sûr! Ca me fait penser aux publications des Editions du Rocher et des Editions L'Harmattan. Mais pense à "protéger" tes écritures avant de leur envoyer un quelconque manuscrit! :wink:

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 16:04 
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Merci rebbie. Tu me pousses à tenter ma chance... Ca fait un moment que les enveloppes sont presque prêtes, avec juste pas encore d'adresses dessus. passque j'arrive pas trop à y croire. Trop conne... pourtant, je devrais avoir appris à croire en mes rêves. merci beaucoup aussi à toi alexia. et néo: je sais ce passage là, il touche beaucoup de gens, en général...

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 16:05 
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Linda jam a écrit:
Bon voilà une bribe. c'est déjà un vieux truc que j'ai publié. un court texte. mais bon, le sujet pourrait vous intéresser. A noter qyue c'est paru dans un journal catho. Mais c'est difficile de choisir les bribes, y'en a trop... bon je m'y dévoile un peu, mais bon... Je vais voir après une autre bribe...



L’audace d’exister

Je dispose les côtes d’agneau fraîches sur la poêle brûlante. Un grésillement vif se mêle à celui des pommes de terres sautées. J’arrose de vinaigrette des feuilles de salades croquantes posées sur mon assiette, avant d’y coucher les morceaux d’une viande délicatement rosée. Je trempe mes lèvres dans un verre de vin blanc frais, j’avale les premières bouchées d’un repas sélectionné. Il y a des jours où la vie semble véritablement se dérouler comme un tapis rouge. Et puis d’autres où je n’arrive pas même à aligner les premiers mots d’un texte. Depuis le matin je tourne en rond, changeant de lieu en espérant y dénicher, dans chacun d’entre eux, l’inspiration. Je ne la trouve nulle part, ni sous les coussins des divans, ni dans les géraniums du jardin. Honnêtement, ce repas soigneusement mitonné n’existe que dans mon imaginaire. Seule demeure la bouteille de blanc sec, espagnol, que je viens de me procurer en errant dans les rues du quartier. Pas mauvais, tout de même. Mais à force de trop vouloir composer son menu…

J’aurais voulu écrire sur le réchauffement climatique et ces migrants dont on voit les images dans les médias. Qu’on découvre échoués, parfois vifs ou parfois morts, sur les plages méditerranéennes. Sur le crack boursier et la fin de l’illusion néolibérale. Sur l’absurdité de la course à la productivité et les limites du matérialisme. Sur les églises qui se vident face à un clergé souvent désemparé et la fin de la domination occidentale sur le monde. Sur ce siècle, déstabilisant, qui nous forcera tôt ou (trop?) tard à nous changer. A quitter le confort des certitudes pour nous réinventer. Mais a-t-on du mérite à enfoncer des portes ouvertes? A rabâcher des vérités, aussi difficiles soient-elles à admettre, que tout le monde connait déjà? Des spectateurs admirent-ils un trapéziste qui descend de son mât pour exposer, en théorie, l’art du lâcher prise? S’il ne s’élance pas dans la peur et ne réalise pas une formidable pirouette, de préférence sans filet, pour reprendre pied à l’autre extrémité du cirque, le chapiteau ne vibrera jamais sous un tonnerre d’applaudissements. L’artiste n’aura plus qu’à regagner sa roulotte pour, en se démaquillant, contempler sa lâcheté dans un miroir. Comment, sans audace, sauter dans le vide et susciter l’admiration?

Je retrempe mes lèvres dans mon verre, comme une condamnée fume sa dernière cigarette. Petite, j’ai préféré baisser les yeux et porter le poids de la culpabilité. Ne pas dénoncer le crime de peur d’être rejetée par ma famille. J’ai préféré me noyer dans la honte et, surtout, ne jamais refaire surface. Grandissant hors de moi-même et de ma vérité, tentant d’ajuster mes gestes aux exigences de mon entourage. Etrangère à ma vie, aveugle à ma destinée. Comme guidée par les fils d’un cruel marionnettiste qui prolongerait indéfiniment le spectacle. Jamais je ne suis entrée dans ma roulotte pour me débarbouiller: j’espérais que le miroir se couvre définitivement de poussières. Privée de reflets, je n’ai pas vu mon public se clairsemer, mon chapiteau s’user par la force du temps, le vent souffler à travers la toile déchirée. Quand mon cirque a menacé de s’effondrer, j’ai ouvert les yeux sur des travées de sièges inhospitaliers pour pleurer ma solitude. Celle d’une enfant violée qui croyait, à tout jamais, son innocence perdue.

Je sors de l’arène pour traverser la nuit à la lueur de la lune et des étoiles. Je découvre que seule, sans public, j’arrive aussi à me diriger. Pas à pas, les secondes me rapprochent de l’aube où le soleil ranime les couleurs. Observant des multitudes d’insectes et la diversité des chants d’oiseaux, je découvre ma liberté d‘exister. Quand un ami pénètre dans la pièce, je savoure une dernière gorgée de vin: « Alors, puce! Tu l’as pondu ton texte? » En lui versant un verre, je retrouve l’appétit de vivre: « Oui. Je vais, enfin, pouvoir aller manger. »

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merci a toi de l'avoir partager c'est sympa Linda :wink:

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Je pressens tout ce qui m’entoure, mon âme d’enfant est une grande excitée.
Je crie ma liberté cueillie en cette vie flamboyante, j’en suis émerveillé.
des peurs.
J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre.


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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 16:15 
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Inscription: 01 Juil 2010, 12:55
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ben de rien. c'est vous que je remercie. c'est un plaisir d'être lue. Et puis vos commentaires si gentils... Merci à toutes et tous. ca me touche beaucoup et ça me donne bien du courage.

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Message non luPosté: 08 Juil 2010, 16:40 
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Nous saluons ton talent, ton travail et la générosité qui te les a fait partager... :D

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Message non luPosté: 09 Juil 2010, 07:39 
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Messages: 179
Localisation: 91 essonne
SARKO le facho :arrow: panpan

de toute facon la politique n as jamais fait bon menage avec les pot de vins :!:

suffit de voir la politique de l europe et meme dans le monde entier folish

bon , moi du coup je vais :arrow: my bedroom


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Message non luPosté: 09 Juil 2010, 08:56 
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Messages: 5758
Localisation: Au pays des tielles et du mistral gagnant
Hermann Hesse, duras et Rimbaud whaoui !
indépendamment de la qualité du texte de Linda tu va la faire rougir Rebbie :)

A propos Linda, c'est un peu bête que ca parte poubelle dans deux jours -( les threads sont a durée de vie limitées ici)
Que pense tu si je transfert vers un forum/rubrique persistant ?

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«Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme c'est la peau.» [ Paul Valéry ]
«Courage is contagious» [ Julian Assange - WikiLeaks ]
«L’homme ne doit pas tenter de dissiper l’ambiguïté de son être mais au contraire accepter de la réaliser.» [ Simone de Beauvoir ]


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Message non luPosté: 09 Juil 2010, 09:41 
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Inscription: 01 Juil 2010, 12:55
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ben oui, merci Nadya. C'est gentil. C'est vrai que je me demande si Rebbie n'exagère pas un peu: Rilke, Duras, Rimbaud... :oops:

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Message non luPosté: 09 Juil 2010, 10:33 
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Inscription: 13 Juin 2010, 08:10
Messages: 834
Localisation: Montpellier
J'ai dit que ça me faisait "penser" à certains textes de ces auteurs. J'ai cité les textes en question, parce que tes écrits me les évoquaient. Tu n'écris pas COMME Rimbaud, Hesse, Rilke ou Duras, mais quand je lis tes textes, ça me replonge dans une ambiance qui se rapproche de certaines écritures que j'ai goûtées dans mes lectures..., c'est tout.

Pourquoi ça te gêne? Ces auteurs ne sont pas "intouchables", on peut faire des parallèles avec de jeunes auteurs... Et heureusement, car ils font partie de notre culture littéraire. :D

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Message non luPosté: 09 Juil 2010, 10:36 
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Inscription: 01 Juil 2010, 12:55
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ben non, ça me gêne pas. c'est très gentil Rebbie..

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